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  L’Indépendant
Rébellion au Nord Mali, Comment Iyad Ag Ghali a repris le maquis

L’ancien chef rebelle à la fois du MPLA et du MPA, Iyad Ag Ghali redevenu rebelle depuis quelques jours, a déçu le pouvoir de Bamako qui le portait dans son cœur. Fin connaisseur de la zone de Kidal, membre de la secte islamiste dénommée la "Dawa", Iyad Ag Ghali, qui excellait dans le trafic d’influence à Bamako, a d’abord réussi à faire muter tous ses combattants dans la région de Kidal. Ensuite, il a tenté de faire chanter ATT. En vain. Révolté par cette attitude positive du chef de l’Etat, il a repris les armes.

La nouvelle rébellion déclenchée, le mardi 23 mai dernier, par certains Touaregs de Kidal, en l’occurrence l’officier déserteur de la Garde Nationale Hassan Fagaga et son cousin, Ibrahim Bahanga, n’a pas fini de nous révéler toutes ses surprises.

La première, on le sait, c’est la prise sans coup férir des deux camps militaires de Kidal, dirigés par le Colonel Adama Traoré. Sous certains cieux, le régiment du Colonel Traoré ferait l’objet de sanctions ne serait-ce qu’une simple mutation - nous y reviendrons-.

La deuxième surprise, c’est la jonction des apatrides avec des terroristes internationaux - l’ancien patron de la Sécurité d’Etat, Soumeylou Boubèye Maïga a bien développé cette thèse dans notre précédente parution -.

Dernière nouvelle, l’ancien chef du Mouvement pour la Libération de l’Azawad ( MPLA ) et, plus tard, du Mouvement Populaire de l’Azawad ( MPA ), Iyad Ag Ghali a regagné ses frères de sang, en signant son retour dans le maquis.

Considéré comme modérateur depuis les premiers frémissements de cette rébellion, Iyad Ag Ghali, pour qui le pouvoir avait une grande estime, vient de perdre, à travers son geste peu loyal, le capital de sympathie dont il jouissait. En effet, c’est lui qui avait déclenché la rébellion dans la nuit du 28 juin 1990.

A la tête d’un groupe appelé le Mouvement pour la Libération de L’Azawad (MPLA), créé deux ans plus tôt. Deux attaques furent lancées par un groupe de 50 hommes armés. Le but visé était de parvenir à la libération de quelques camarades détenus.

Cette opération se solda par la mort de quatre personnes à Tidermène et de 14 à Menaka dont 4 soldats maliens. De plus, les rebelles avaient volé des armes avant de se retrancher dans les collines de l’Adrar. Les rebelles étaient, pour la plupart, de jeunes Touaregs pauvres et sans travail du fait de leur situation précaire.

Les soldats lancèrent une campagne très musclée à la faveur de l’état d’urgence. Ainsi des populations Touaregs qui ne connaissaient même pas l’existence du nouveau mouvement rebelle furent tuées. Résultat : fuyant les massacres, des centaines de jeunes Touaregs rejoignirent les rebelles dans les montagnes.

L’armée malienne ne faisait aucune différence entre les Touaregs et les Maures, poussant ces derniers à rallier la rébellion. Ce qui n’était pas, à l’origine, leur dessein. Une attitude qui tranche avec la stratégie utilisée par les colons français qui consistait à dresser les Arabes contre les Touaregs.

Le gouvernement de l’ex - dictateur Moussa Traoré fit le contraire et poussa les Maures à créer leur propre mouvement, le Front Islamique Arabe de l’Azawad (FIAA) dirigé par le tristement célèbre Zahaby ould Sidi Mohamed.

Cette confusion et cet amalgame entre ceux qui ont pris les armes et les autres populations blanches du Nord envenimèrent la situation. Conséquence : des milliers de déplacés vers la Mauritanie, l’Algérie, le Burkina Faso etc.

Après moult tractations et négociations intensives à Mopti, Alger et ailleurs, un Pacte National fut signé le 11 avril 1992 à Tamanrasset. Sous le regard attentif du président du CTSP, le Lieutenant - Colonel Amadou Toumani Touré, pressé de céder le pouvoir à son successeur Alpha Oumar Konaré.

Celui - ci travailla durant ses deux quinquennats sur la base de ce document pour conforter la paix et la sécurité dans la partie septentrionale du Mali. Et Iyad était le premier à accepter la paix et à l’imposer à ses camarades. D’où l’estime et la sympathie dont il bénéficiait auprès du pouvoir de Bamako.

Notons qu’après la signature des accords, le MPLA de Iyad Ag Ghali se scinda en trois groupes : le Mouvement Populaire de l’Azawad ( MPA ) contrôlé par le chef historique de la rébellion, redevenu depuis quelques jours rebelle, le Front Populaire de Libération de l’Azawad ( FPLA) dirigé par Mohamed Ag Rhissa avec comme sécretaire général, Zeidane Ag Sidalamine, présentement diplomate en Chine, et l’Armée Révolutionnaire de Libération de l’Azawad (l’ARLA) pilotée par Abdramane Ghala, actuellement diplomate à Riyad.

Le FIAA de Zahaby Ould Sidi Mohamed, cité plus haut, est un mouvement indépendant du MPLA. Malgré toutes les difficultés rencontrées, le pouvoir ADEMA saura canaliser les ex-rebelles en les intégrant dans tous les corps de l’Armée, de la douane, de la police et même dans la fonction publique.

Certains, à l’image de Iyad Ag Ghali, avaient des salaires occultes pour ne pas dire un traitement spécial. Ce dernier vivait du trafic d’influence dans les cercles proches du pouvoir. C’est ainsi qu’il parviendra à réussir la mutation de ses combattants dans les différents commandements militaires de la région de Kidal.

De plus, il a rallié une secte islamiste appelée la "Dawa" et sympathisé avec le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat ( GSPC ). Fin connaisseur de la zone de Kidal, il a été mis à contribution pour la libération des otages allemands, détenus dans le désert malien par le même Groupe.

Très cupide, Iyad Ag Ghali a conjugué ces différents facteurs pour faire chanter ATT. En vain. D’où les événements honteux du 23 mai. Courroucé par l’attitude du pouvoir face aux doléances posées, Iyad Ag Ghali a repris le maquis. A la grande déception de Koulouba.

Maintenant quelle alternative : mater la rébellion ou négocier avec elle ?

En attendant la réponse, l’Armée doit éviter l’amalgame et c’est à cela que le chef de l’Etat, en homme expérimenté, a invité tout le monde. En première ligne l’Armée malienne.

A suivre.

Chahana TAKIOU


Des centaines de militaires patrouillent dans la ville de Kidal

Plusieurs centaines de soldats de l’armée régulière malienne patrouillaient vendredi matin dans Kidal (nord-est) après le départ d’ex-rebelles touaregs de deux camps militaires dont ils avaient pris le contrôle mardi matin.

Les militaires patrouillaient à pied ou à bord de véhicules 4X4 équipés de mitrailleuses, et contrôlaient les principaux points stratégiques de la localité.

L’activité économique n’avait pas totalement repris dans la localité, et seules quelques boutiques étaient ouvertes vendredi matin. Selon un commerçant local, plusieurs milliers d’habitants de Kidal ont quitté la ville avec leurs familles à bord de camions et, parfois, à dos de dromadaire.

Depuis, le gouverneur de Kidal, Alhaméou Ag Ilyene, natif de la région de Kidal et lui-même d’origine touarègue, fait diffuser à intervalles réguliers des messages sur les radios locales demandant aux habitants qui ont quitté la localité de revenir.

Un officier a indiqué que de nouveaux renforts militaires étaient arrivés vendredi matin à Kidal par avion en provenance de Gao, localité de l’extrême nord malien. Des premières troupes étaient arrivées de Gao, et aussi de Tombouctou, pour sécuriser la ville après le départ des ex-rebelles dans la nuit de mardi à mercredi.

29 mai 2006.

 

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