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  L’Annonceur - hebdo (mercredi)
Kassela : Les notables refusent de payer les impôts !

Voilà ce que l’on craignait au début du problème de chefferie que nous avions annoncé dans nos numéros précédents. Depuis un certain temps, la population de Kasséla est confrontée à un problème d’hiérarchie traditionnelle dont le préfet de Kati est jusque là resté de Marbre, selon nos informations.

Comme ils ont fait recours à toutes les autorités compétentes en vain, ils refusent alors de payer les impôts à ceux qu’ils ne considèrent plus comme leurs chefs, selon les coutumes du village. En guise de rappel, après la mort de l’ancien chef en 1995, un autre homme, pourtant immigrant du village s’est auto proclamé chef, avec la complicité du préfet de Baguineda, destituant du coup le chef légitime et le fils du défunt chef.

Et, depuis, Kasséla est laissé à son triste sort. Car, les nouveaux chefs se sont livrés aux ventes illicites de parcelles, autorisant les vendeurs de bois et du charbon à se jeter dans sa forêt, le transformant du coup en un Sahara. Bref, des lois initialement ratifiées par le conseil du village sont du coup jetées dans les oubliettes. Ne supportant plus ce laisser aller, les ayant droits réclament en vain les rênes du village.

La seule solution idoine pour eux, c’est de ne plus payer les impôts. En effet, depuis un certain temps, l’administration territoriale réclame aux notables de Kasséla de s’acquitter de leur devoir civique, c’est-à-dire de payer leurs impôts. Voilà leur réponse : " Tant qu’ils ne trouveront pas une solution à ce problème, nous ne nous acquitterons jamais des impôts, par les biais de ceux-là que nous ne considérons pas comme nos chefs. Kasséla est un village respectueux et hospitalier. Mais, nous ne saurons accepter qu’un autre règne sur nous en dehors des autochtones du village.

Une chose est sûre, nous sommes aussi conscients que le Mali est un pays de droit où on respecte les valeurs ancestrales. Nous attendons d’abord que justice soit faite, si non pas d’impôt. Même s’ils vont nous exécuter pour leur impôt, qu’ils le fassent ! Trop, c’est trop ! ", clame Fanto Diarra, notable du village. Jusqu’où cette situation finira-t-elle ?

En tout cas, les autorités compétentes sont une fois de plus interpellées pour éviter un accrochage entre notables de Kasséla et les agents de recouvrement des impôts. Une fois de plus, à César, ce qui est à César !

Christelle

13 Janvier 2010.

 

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