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  L’Annonceur - hebdo (mercredi)
Cinquantenaire et femme : La combativité des Maliennes du Soudan à nos jours

C’est pourquoi, depuis bien avant l’indépendance de notre pays, certaines femmes se sont fait une place au le soleil dans divers domaines. C’est grâce au combat mené par Aoua Keïta qui fut la première femme députée à l’Assemblée législative de la République soudanaise en 1959 qu’une commission sociale des femmes a été créée en 1962.

C’est à l’image d’Aoua Keïta qu’une autre femme fut députée de 1964 à 1967 à la personne de Namissa Touré, ainsi de 1979 à 1982 que Mme Sy Sokona Diabaté, Diarra Diagoussa Sidibé ont eu leur place à l’Assemblée nationale.

Dans la dernière décennie de la période coloniale, il y eut d’abord le mouvement des femmes illettrées et ensuite celui des femmes lettrées. Certaines femmes créèrent un syndicat apolitique, l’intersyndicale des femmes travailleuses en 1956 présidée par Aoua Keita.

Une autre association de femmes fut créée en cette même datte sous l’égide de Mme Thiam Fanta Diallo. Toutes ces associations se sont orientées vers le social que vers la politique.

Ainsi, elles ont su améliorer les conditions de vie des femmes sur le plan économique, social par la création d’ateliers de couture, de centres de santé entre autres. Ces associations de femmes ont à cette époque combattu les inégalités du système colonial, elles se sont résolument engagées dans les partis politiques existants et ont contribué à la mobilisation des masses autour de leurs leaders respectifs.

Lors de l’accession de notre pays à l’indépendance, les femmes constituaient une force non négligeable, même si sur le plan politique, elles étaient maintenues au second rang.

Quant à Mme Diarra Diagoussa Sidibé, elle a été députée de 1979 à 1991. N’Diaye Korotoumou Coulibaly, Dicko

Massaran Konaté sont deux braves ayant aussi séjourné à l’Assemblée nationale comme députés de 1985 à 1991. De 1988 à 1991 Mme N’Diaye Korotoumou Traoré et Sacko Alima Coulibaly furent aussi des députées. A cette époque, les femmes en tant groupe social, ont été en première ligne dans le combat pour la démocratie étant des étudiants ou les associations mixtes comme le CNID et l’ADEMA.

Ce faisant, elles vont bénéficier de certaines retombées positives du changement. Ainsi, après l’ère de la commission Sociale des femmes dans les années 60, la période de la transition à été celle d’une autre rupture avec les aspects rétrogrades du statut traditionnel des femmes. En effet, pour la première fois, les femmes ont occupé des postes de gouverneur, Ambassadeur et premiers responsables de certains Ministères comme celui du plan, de l’économie rurale entre autres.

C’est aussi sous la transition qu’il y a eu des textes comme l’ordonnance n° 92-024/CTSP du 12 mai 1992 traitant la femme salariée sur le même pied d’égalité que les hommes.

Et depuis, la femme salariée n’est plus considérée comme célibataire sans enfant. Il faut, par ailleurs, souligner que les autorités sous la transition ont dans un premier temps confié la promotion de la femme au Ministère de la santé.

Et c’est en octobre 1991que ce ministère a organisé le 1er forum national des femmes qui a regroupé environ 200 femmes (rurales et urbaines) venant de toutes les régions du Mali. Il faut reconnaître que la tenue de ce forum a permis aux participantes d’analyser la situation de la femme à tous les niveaux, de mieux définir les orientations et a formulé des recommandations d’ordre générale et sectoriel. Aussi, en janvier 1992, un atelier sur la définition de la politique de promotion de la femme a été organisé.

Signalons que la création du Ministère pour la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a donné un nouveau souffle aux combats des femmes quant on sait que la mission dudit département est d’élaborer et mettre en œuvre les mesures devant assurer le bien-être de la femme, de enfant et de la famille, assurer une meilleure intervention économique, sociale et culturelle des femmes et des enfants par la prise en charge de leur besoins spécifiques ; promouvoir les droits de la femme et de l’enfant, surtout de veiller à leur respect, veiller ensuite à ce que le cadre familial demeure un cadre d’équilibre dans les relations sociales.

Depuis les événements de mars 1991, la disparition de l’UNFM a été le fait catalyseur de la détermination des femmes à s’investir dans les actions de promotion pour elles mêmes. Elles se sont engagées dans la création et l’animation de nombreuses associations et ONG.

Beaucoup a été fait dans le cadre de la promotion de la femme. De nos jours, le nombre de femmes dans les instances de décisions, de la fonction publique est assez satisfaisant, même si leur nombre à l’assemblée et au gouvernement a chuté ces dernières années.

Mais il reste beaucoup à faire pour les femmes. Rappelons que malgré les tâches ménagères, les femmes ne sont jamais restées en marge dans la construction du pays. Alors, la balle est dans le camp des hommes afin de faire la promotion de la femme une fois de plus une réalité.

Mariétou Konaté

13 Janvier 2010.

 

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