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  L’Annonceur - hebdo (mercredi)
Crise à HUICOMA : Quelles sont les raisons ?

Depuis plusieurs mois, l’huilerie cotonnière du Mali HUICOMA connaît des difficultés comme le manque de matière première, le non respect strict des engagements de l’Etat. Toute chose qui a entraîné le retard de salaires au niveau des différentes usines de cette société, provoquant du coup la colère et le désarroi des travailleurs.

Après plusieurs manifestations, pas plutard que la semaine dernière, les travailleurs ont organisé un sit-in dont le but était de se faire entendre par les autorités du Mali. Il semble que le sit-in a porté fruit, puis que le gouvernement, à travers le ministre de l’Economie, de l’industrie et du commerce a demandé au repreneur de faire un effort supplémentaire pour payer deux mois d’arriérés de salaire.

Ce qui a été accepté par le groupe Tomota. A en croire nos informations, des document y afférents ont été signés hier pour permettre aux travailleurs d’avoir accès à leur argent le plus rapidement possible.

A en croire nos sources, malgré le manque de matière première, le repreneur fait des efforts pour payer les travailleurs.

C’est le non paiement des arriérés de salaires des mois de juin et juillet qui a suscité des remous au sein de la société. Puisqu’il n’y a pas d’activité, au lieu d’un chômage technique de trois mois, le repreneur avait décidé de mettre les travailleurs en un mois de congé payé (août). Selon la même source, il avait signé un accord avec un commerçant de la place pour le financement de l’approvisionnement en matière première.

Après que ce commerçant ait versé une avance qui a permis d’acheter les matières premières, à la fin des congés le 31 Août passé, les travailleurs ont décidé d’arrêter de travailler sans qu’on leur paie leurs arriérés.

Il faut rappeler que lors de la visite du ministre de l’Economie de l’Industrie et du Commerce au niveau des usines de Koutiala et Koulikoro, les travailleurs avaient entamé une grève illimitée.

A cet effet, des concertations ont eu lieu entre le ministère de l’Economie de l’industrie et du commerce, les cadres du groupe Tomota et le syndicat où tous les problèmes de l’Huicoma ont été évoqués. Il y a eu des accords. Et le syndicat avait souhaité de ne pas dépasser un mois pour le non paiement de salaires.

Pas de matière, moins de chiffre d’affaire

A en croire nos informations, à cause du bilan, l’HUICOMA n’a pas accès aux crédits au niveau des banques. Autrement dit, l’HUICOMA n’a pas les ressources nécessaires pour prendre en charge ses propres dépenses. A tout cela s’ajoute le manque de graines de coton, principale matière première permettant à la société de fonctionner normalement.

En faisant une analyse de la situation, on se rend compte que l’Etat a un rôle important à jouer dans la résolution de la crise de l’HUICOMA dont la vie économique de trois grandes villes en dépend.

La grande question qu’on se pose est de savoir si le contrat de cession a été respecté à la lettre ?

Rappelons que suite à la visite du ministre de l’Economie de l’Industriel et du Commerce, il avait été décidé d’aider l’HUICOMA à avoir de l’arachide pour diversifier la matière première. L’on se rappelle que lors de cette visite le ministre avait déclaré à la presse qu’avec les échanges et les solutions proposées que l’HUICOMA va tourner à jamais.

Mais malheureusement, le gouvernement n’a pas respecté ses engagements. Et l’exemple le plus palpable est la conclusion d’une rencontre macro-économique tenue en 2007 pour le suivi du protocole d’Accord de cession en son point cinq pour relancer l’HUICOMA, intitulée approvisionnement de graines de coton.

Cette rencontre avait recommandé à la CMDT de revoir à la hausse l’approvisionnement de l’HUICOMA en graines de pour de coton, soit 75% pour l’HUICOMA et 25% pour les autres huileries.

En plus, malgré un contrat dûment signé et enregistré entre la CMDT et l’HUICOMA, la CMDT a délibérément augmenté le prix de la graine à hauteur de 400%. Toute chose qui a entraîné l’augmentation du coût de production et la mévente des produits.

A tout cela s’ajoute la suspension de l’exportation du tourteau qui a engendré un manque à gagner pour la société, car après le besoin national, le reste du tourteau a été pourri. Avec tous ces problèmes, peut-on parler d’une relance de cette société ?

Dado Camara

18 Novembre 2009.

 

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