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  L’Annonceur - hebdo (mercredi)
Islam et culture : Quand les chants religieux deviennent blasphématoires

De nos jours, au Mali, la question de l’islam s’aborde avec acuité, les musulmans étant majoritaires. Appelés communément les animateurs de « Zikiri », les chanteurs des louanges de Dieu font de ce métier la recherche d’intérêts personnels et non pour des fins divines. Jadis, les gens qui fredonnaient ces chants religieux, chantaient pour appeler les fidèles musulmans vers Dieu en les incitant d’imiter le Saint Prophète Mohamed (PSL) sur tout ce qu’ils font. Nous pouvons en citer Racine Sall, Mamadou Gakou de San, Sékou Gakou dit Sékou Blen, entre autres. Ces émérites n’ont jamais confondu le prophète à d’autres personnes dans leurs annoncés.

Le mot Zikiri, son sens et ses origines

Le mot « Alzikirou » veut dire les commentaires, comme le dit Mme Moïda Assétou Coulibaly, enseignante de medersa. Ces commentaires étaient objectifs et réels. En fait, les adeptes du prophète Mohamad (PSL) le défendaient auprès des non croyants. Ils leur clamaient l’unicité de Dieu en attestant que Mohamed (PSL) est bel et bien son prophète. Certains musulmans chantaient pour crier haut et fort la véracité de la prophétie de cet homme qui avait comme mission d’appeler les hommes vers Dieu et de se comporter comme le veut notre créateur. C’est de là que les chansons musulmanes communément appelées « zikiri » ont commencé, selon d’autres informations. Mais tel n’est plus le cas de nos jours.

Les jeunes qui sont passés par les écoles coraniques ont juré de ne plus faire les louanges de Dieu. Car, ils veulent avoir des millions sans essuyer la sueur de leur front. Pourtant, Chérif Ousmane Madani Haidara et autres qui ont tout aujourd’hui grâce aux œuvres consacrées à l’appel à l’islam, ont souffert. Ils ont vu toutes les misères du monde avant d’être ce qu’ils sont aujourd’hui. Il en est de même pour Racine Sall et tous ces grands hommes qui militent pour l’islam.

Un désordre total

Il est agréable d’écouter ces jeunes hommes, quand ils font les zikiri du prophète et certains de ces khalifes. Au moment où ils gagnent la confiance des fidèles musulmans, voilà que nos jeunes maîtres bafouent toutes les recommandations de Dieu et de son prophète (PSL). La preuve, il n’est pas rare de voir les hommes dits musulmans se mélanger aux femmes lors des cérémonies de mariages et de baptêmes. Chose qui, à notre modeste avis, est formellement interdite par la religion. Mais à Bamako, ce comportement ne semble pas un problème.

Le chanteur de « Zikiri », comme le dit les maliens, est recommandé par les femmes pour qu’il fasse le show à 90%, comme le « sumu ». A l’aide d’une calebasse d’un bidon vide et d’un micro, le show est garanti. Dans la plupart des cas, la batteuse de la calebasse est une femme. Pire, elle est entourée par les hommes notamment le batteur de bidon vide et le chanteur lui-même.

Pour couronner le tout, ces deux hommes sont entourés des femmes habillées décemment ou pas. Le chanteur qui sait très bien ce qu’il fait, chante le Zikiri des femmes qui, à leur tour dansent de manière insolente. Ce geste n’est t-il pas un blasphème à l’encontre de notre religion ? Pire, les chansons qui honoraient le prophète et ses adeptes, nos grands hommes qui sont jusque là considérés comme les piliers de l’expansion de l’islam sont gaspillés à des endroits non propices à l’islam.

Certains jeunes chanteurs iront jusqu’à confondre la « Dembadjalatigui » à une épouse du prophète. Il le dit, sans gêne aucune. Il sait très bien que cela est une pure absurdité.

Mais à cause des modiques sommes de 1000 ou de 2000 CFA, il serait prêt à cautionner des turpitudes, s’il le faut. Et à la fin de chaque morceau, les femmes et filles gambadent au rythme qui crie le nom de notre saint prophète : « Mahomet, Haïdara » et « Lah il alaha ila alah ». Voilà des choses qui doivent faire aussi l’objet de protestation. Mais, le constat est amer. Certes, certains doyens du prêche musulman le déplorent de passage.

Mais, nous n’avons jamais entendu parler d’un meeting ou d’une grande manifestation de protestation contre ces comportements perpétrés par ceux là qui sont considérés comme les socles de l’islam de demain. Tous ces jeunes ont pourtant reçu des éducations coraniques interdisant formellement que des femmes dansent sous les yeux d’un autre homme qui n’est pas son mari. Où sont passés tous ces bons enseignements qui leur ont été donnés en classe ? Une question qui mérite d’être posée. Car, nous ne faisons que dénoncer ce phénomène qui devient une gangrène dans l’islam.

Une mission en faillite

Cette animation avait des fins purement religieuses. Aïssata Mariko, une mère de famille nous relate le but de ces animations : « Avant, nous appelions les élèves coraniques pour animer nos mariages et baptêmes en guise de remerciement à Dieu pour nous avoir donné un nouveau né ou un mari à notre fille. Les maîtres chantaient loin des femmes. On aménageait une partie de la maison pour eux. A l’aide d’un amplificateur, toute la famille et environs écoutaient avec plaisir les louanges de Dieu et de son prophète (PSL). Mais, de nos jours, nous voyons les femmes remuer les fesses devant les hommes qui, à leur tour crient pour les encourager. Que les leaders musulmans fassent quelque chose pour mettre fin à cette « zizanie », nous dit-elle ». Un autre but était pour les organisateurs d’échapper aux dépenses faramineuses lors des cérémonies familiales. Mais les griots sont plus sensibles à la crise de leur « Djatigui » que ces maîtres coraniques. Une autre dame déplore : « Avant, nous donnions des billets de 1000CFA et de 500CFA. Mais tel n’est plus le cas aujourd’hui. Les chanteurs du « Zikiri » nous demandent plus. Je crois qu’il faut revoir les manières de faire. Si non nous ne savons plus à quel saint nous vouer », nous dit-elle.

Une autre remarque c’est que ces chants sont joués pour danser lors des balani show. Une autre remarque plus amère est que les chanteurs utilisent les chansons religieuses pour des règlements de compte. Le cas d’un prêcheur qui a été déculotté par un chanteur de zikiri au rythme des mélodies religieuses. Et depuis, bonjour le désordre au sein de la religion.

En somme, certains chanteurs de zikiri outragent les normes telles décrites par la religion. Voilà une autre raison de lutte acharnée pour redonner à l’islam son image d’éducation et de discipline.

Christelle

03 Septembre 2009.

 

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