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  Un peu d’histoire, d’art et de culture
Histoire : Ségou ou Sido-Diarra

Population : 1 932 350 habitants avec 118 communes dont 115 rurales et 3 urbaines. Quatrième région administrative du Mali. On entend dire : « Ségou yé naani yé ani marka dougou konnonton » (Ségou, c’est quatre (04) villages bamanan (Sékoro, Sébougou, Sékoura ,Sido) et neuf (09) villages soninké (Niamina, Sinzani ou Sansanding, Foni, Boussin, Togu, Founoukoni, Markadougouba ou Dougouba, Councoun et Tatrina.

Du point de vue histoire, le royaume de Ségou fut un royaume célèbre en Afrique de l’Ouest. La ville de Ségou symbolise tout ce que compte la cosmogonie bamanan. Elle est la ville des mystères, du langage symbolique, d’intrigues politiques rappelant Byzance et Florence des Médicis, Ségou est une ville crainte et admirée à la fois par toute l’Afrique de l’Ouest, sous le nom de la cité des Balazans, ville aux 4445 balazans. L’acacia albida ou balazan est un vrai symbole dans le pouvoir bamanan. Cet arbre, pendant la saison des pluies, renonce à tout ; perdant ses feuilles, il hiberne pour laisser les autres plantes jouir de l’abondance des pluies.

Aux moments de la saison sèche, il reverdit pour nourrir de ses feuilles et fruits les animaux domestiques en quête d’hypothétique pitance dans une brousse desséchée. Aussi, le balazan symbolise- t-il le chef prévoyant et généreux chez les Bamanans et entoure tous les chefs- lieux de leur royaume.

Les 4445 balazans ont un sens chez les Bamanans et signifient ceci : les 4000 balazans représentent l’armée populaire. Ségou fut un royaume dont les bases proviennent de tons ou associations de jeunes répartis en clans d’âge autour de Mamari Biton Coulibaly. Ces jeunes associés ou Ton-Den avaient les mêmes droits et devoirs dans la cité et étaient enrôlés dans l’armée pendant les guerres.
Les 400 balazans représentent les soldats de métier ou sofas ou tondions qui encadraient l’armée populaire pendant la guerre. Les quarante (40) balazans symbolisent l’administration du royaume qui comprenait 39 provinces et un Etat allié, le royaume de Saro. Ce qui fait quarante (40) cités administrativement.
Les quatre (04) balazans symbolisent la cour, la famille royale, les griots du Roi et sa garde personnelle répartie entre grands vestibules qui se suivaient.
Les 4445 balazans représentent le Conseil secret du roi, conseil dont la composition variait d’une réunion à une autre, selon le bon vouloir du roi, personne ne pouvant être certain d’y participer. C’est pourquoi dans notre pays ce dernier balazan est appelé balazan bossu et passe pour symboliser les trahisons qui ont échelonné l’histoire de Ségou.

En effet, c’est dans ce conseil secret que tout se nouait ou se défaisait. Et c’est pour cela que les Maliens pensent que tout Ségouvien a une tendance prononcée à la trahison. Ils ont tort et ne savent pas ou oublient comme le chantent les griots qu’un étranger ne voit et ne subit jamais les méfaits du balazan bossu qui ne s’intéresse qu’exclusivement aux autochtones de Ségou. Les Ségouviens ne trahissent pas l’étranger mais plutôt se neutralisent pour l’étranger, suite à la malédiction du roi martyr Torokoro-Mari Diarra, en 1857.

Ce dernier, lors du passage dans le royaume, en 1855, du marabout El Hadji Omar Tall, revenant de la Mecque, se convertit secrètement à l’islam. Coiffé d’une perruque tressée portant les insignes royaux, il cachait sa foi, priant secrètement dans la nuit. Sa jeune femme le dénonça à ses frères et cousins princiers Diarra. Ceux-ci l’étranglèrent et jetèrent son corps nu dans le fleuve Niger où les Somonos Djiré le retirèrent pour l’enterrer dans un endroit tenu secret.

Avant de mourir, Tokoro-Mari maudit ses frères de Ségou en ces termes. « Que Dieu fasse qu’à Ségou, le secret le plus lourd ne le reste plus de trois (03) jours ! Que Ségou se trahisse tout le temps pour l’étranger ! Que pour ce dernier, Ségou arrache le pouvoir des mains de ses propres enfants » ! Trois (03) années après, les troupes d’El Hadji Omar pénétrèrent à Ségou, où elles renversèrent la dynastie des Diarra N’golossi (descendant de N’golo).

Source : « Les chants du Kandjo »

L’Inter de Bamako du 30 AVril 2018

 

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