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Crise togolaise : Ces marches qui vont déboucher sur une impasse

Ils ne se parlent plus désormais que par manifestations interposées. Depuis que le camp présidentiel, faute d’une majorité des 4/5 de l’Assemblée nationale pour adopter le projet de loi de modification constitutionnelle, a décidé, au cours d’une session parlementaire boycottée par l’opposition, de recourir au référendum, les fils du dialogue semblent définitivement rompus entre les deux camps, engagés dans une épreuve de force dont il semble hasardeux de prévoir l’issue.

Hier encore, l’opposition a organisé une « marche d’avertissement » tandis que les partisans de l’Union pour la République, le parti au pouvoir, étaient conviés à un simple rassemblement. Et si au début de leur mouvement les frondeurs exigeaient le retour à la Constitution de 1992, ils ne réclament désormais rien d’autre que le départ pur et simple de Faure, dont les partisans, de leur côté, s’arc-boutent sur le choix laissé au peuple souverain pour trancher ce différend. C’est donc marche contre marche, manif contre manif, conférence de presse contre conférence de presse…

Un petit air de déjà-vu au Burkina où partisans et adversaires du tripatouillage de l’article 37 qui devait permettre à Blaise Compaoré de s’offrir un bail ad vitam aeternam à Kosyam avaient, en son temps, réussi l’exploit de remplir des stades « recto verso avec intercalaires ».

De là à penser que l’épilogue des deux crises serait la même, il y a sans doute un pas que ne franchira pas Gilbert Bawara. De passage à Ouagadougou mardi dernier, le ministre togolais de la Fonction publique n’a–t-il pas en effet affirmé de façon péremptoire que l’exemple burkinabè avait induit ses compatriotes en erreur et que les réalités burkinabè et togolaises étaient différentes ? On aurait cru entendre le député Mahama Sawadogo et d’autres grandes orgues de la « Blaisie » qui ne voulaient surtout pas entendre parler du fâcheux précédent nigérien où, à force de foncer dans le mur du tazartché contre lequel Blaise Compaoré le mettait pourtant en garde, Mamadou Tandja a fini par se fracasser comme ce sera le cas beaucoup plus tard pour l’enfant terrible de Ziniaré, même si alors les réalités burkinabè et nigériennes n’étaient pas les mêmes.

Alors qu’il s’agisse hier du Niger ou du Burkina, aujourd’hui du Togo ou du Gabon, demain peut-être du Cameroun, de la RDC, de la Guinée équatoriale, de l’Ouganda ou du Congo Brazza, de quelles réalités particulières parle-t-on ? Quelles sont ces différences si commodes alors qu’il s’agit, ici comme là, de la gestion monopolistique du pouvoir et de la prédation des richesses nationales par un clan prébendier ? Pour le moment, les marches togolaises sont plus ou moins pacifiques, si l’on excepte les morts au cours de quelques-unes d’entre elles. Mais si le projet référendaire qui doit permettre à Faure Gnassingbé de se refaire une virginité en 2020 devait définitivement prendre corps, nul doute que le mercure sociopolitique pourrait très rapidement monter, et la situation très rapidement échapper à ceux qui jusque-là sont convaincus de la maîtriser.

Marie Ouédraogo

04 Oct 2017

L’Observateur du Palaaga du 04 Octobre 2017

 

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