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Visite présidentielle à Tombouctou : IBK renoue-t-il avec l’intérieur ?

Tombouctou, ville martyre, aura vécu mille malheurs avant que le président de la République daigne s’y rendre le 17 août 2017. La fin du sevrage viendra d’un tollé : les Maliens avaient du mal à comprendre que leur cher président se soit précipité au chevet des victimes d’une attaque terroriste à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, le 14 août. Au même moment, toute la nation se joignait à la cité des 333 Saints pour pleurer la perte cruelle de Maliens et des casques bleus fauchés presque à la même date.

A sa décharge, la présidence de la République pourrait évoquer le contexte diplomatique poussant le Mali à faire les yeux doux aux pays membres du G5 Sahel. Quand IBK se déplace pour soutenir un pays frappé par le terrorisme, si la communauté internationale n’est pas au début elle est à la fin. Ainsi, à Ouaga, il fallait prouver à « la communauté internationale » que l’unité sous-régionale face au terrorisme n’est pas de façade.

Mais le problème est que les Maliens voient mal chaque déplacement du président IBK qui est trop versé dans des voyages coûteux à l’étranger. Alors que les Maliens ont besoin d’être en communion avec celui qu’ils ont choisi pour présider la nation.

Le sentiment le plus partagé est que le président de la République, avant d’aller à Ouaga, aurait dû se rendre dans la région de Tombouctou. Cette ville est le symbole du martyr que la population malienne est en train de souffrir à cause du terrorisme.

La visite du chef de l’Etat dans la cité des 333 Saints prend un sens particulier en coïncidant avec le verdict de la Cour pénale internationale(CPI) sur la destruction des mausolées de Tombouctou par la horde de djihadistes qui avait envahi le nord du pays en 2012. La CPI rehaussait donc la présence du chef de l’Etat dans la ville dont les habitants s’apprêtaient à interdire leurs murs aux autorités centrales et aux forces étrangères.

Dès le 26 juillet, le Mouvement populaire pour le salut de l’Azawad (MPSA) avait donné un délai de 14 jours pour remédier aux différentes lacunes du processus de paix. « Passé ce délai, nous fermerons les accès de la ville de Tombouctou à tous les convois officiels y compris ceux des forces étrangères. Pour exécuter ce blocage, nous utiliserons tous les moyens y compris les plus extrêmes », avait promis Boubacar Sidigh Taleb Sidi Ali, porte-parole du MSPA.

Le vœu des Maliens a toujours été qu’IBK mette enfin un terme à ce qui ressemble au boycott du pays profond. A moins de dix mois de la fin de son mandat, le chef de l’Etat n’a pas été vu par la plupart des citoyens qui vivent en dehors de Bamako.

Il n’est pas trop tard pour que la présidence de la République organise des tournées à travers le pays, mais le moment peut être sujet à caution. L’un des avantages de l’éloignement d’IBK de sa base serait politique : les concurrents du pouvoir seraient bien gênés par des tournées prenant les allures d’une précampagne électorale.

Soumaila T. Diarra

Le Républicain du 18 Aout 2017

 

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