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Révision constitutionnelle : IBK persiste et signe…

« Dans un pays, il arrive des moments où le sommet doit essayer de prendre le cours de la Nation… » ; « Chacun sait que la question de la révision constitutionnelle au Mali est récurrente. C’est la troisième tentative… » ; « Je crois que jusqu’à preuve du contraire, l’avis de la Cour constitutionnelle n’est pas susceptible de recours… » ; « Je le dis très clairement : nul ne peut s’opposer à l’exercice de ce droit sans violer la loi… ». Ce sont là des propos du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Le chef de l’Etat vient de réaffirmer sa détermination à tenir la révision constitutionnelle. Malgré que le projet de révision constitutionnelle ne cesse, de jour en jour, de diviser les Maliens, dans un contexte où le peuple doit s’unir afin de sauver la Nation.

Dans une interview accordée à l’Ortm, le mardi 7 août dernier, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, estime que « dans un pays, il arrive des moments où le sommet doit essayer de prendre le cours de la Nation. Et cela peut arriver à tout moment, même quand on ne s’y attend pas ; un événement peut en amener un autre. Et cela amène à interroger les uns et les autres sur la pertinence d’une décision que l’on prend sur le plan de l’intérêt général de la Nation. C’est le cas aujourd’hui.

Chacun aura remarqué que depuis qu’on est entré dans ce projet de révision constitutionnelle, de la voie référendaire, il y a beaucoup de mouvements, beaucoup d’agitations. Mais de quoi s’agit-t-il ?… Chacun sait que la question de la révision constitutionnelle au Mali est récurrente. C’est la troisième tentative », affirme-t-il. Et de poursuivre : « Les deux premières fois, il y a eu surtout le souci essentiel de conformation avec la gouvernance institutionnelle souhaitée au sein de l’UEMOA en ce qui concerne la création d’une Cour des comptes, laquelle création ne peut se faire que par voie référendaire.

Nous avons également fait le constat qu’au sortir de l’Accord pour la paix et la réconciliation, il y a des attendus au plan institutionnel… Il reste entendu qu’une Constitution, comme toute œuvre humaine, est perfectible. Il est bon qu’au bout d’un moment, l’on puisse revoir la copie et convenir des changements opportuns à apporter. C’est cela qui a motivé ce projet de révision constitutionnelle qui est de la prérogative du chef de l’Etat et de l’Assemblée nationale (…) l’Assemblée a adopté le projet de révision constitutionnelle.

Après le vote qui était favorable à l’exercice, l’opposition républicaine a estimé devoir ester en justice. Elle a saisi la Cour constitutionnelle, laquelle a rendu un avis et un arrêt. Je crois que jusqu’à preuve du contraire, l’avis de la Cour constitutionnelle n’est pas susceptible de recours. Voici la phase à laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui.

La Cour constitutionnelle a estimé que la révision est tout à fait constitutionnellement recevable, mais qu’il y a, çà et là, des aspects à revoir. C’est ce qui est en cours aujourd’hui (…) Je le dis très clairement, nul ne peut s’opposer à l’exercice de ce droit sans violer la loi. Dès lors, je vais encore appeler chacun à la raison, chacun à savoir garder ses raisons et faire en sorte que notre vivre ensemble, notre devoir aujourd’hui d’être ensemble au chevet du Mali se confirme… »

Cependant, le lundi 06 août dernier, avant cette déclaration du président de la République, les membres la plateforme « An Tè, A Bana-Touche pas à ma constitution ! », au cours d’une assemblée générale, ont décidé d’accélérer leur démarche pour obtenir le retrait de ladite révision. Et pour cela, la plateforme a lancé un ultimatum au président IBK. Est-ce une réponse du berger à la bergère ? L’on est tenté de le croire !

Au-delà, qu’est-ce qui motive (réellement) le président IBK à faire, coûte que coûte, cette révision, alors qu’une grande frange de la population s’y oppose ? Ou ne sont-ils pas des Maliens pour le chef de l’Etat ?

Par ailleurs, pour Ibrahim Boubacar Keïta, la paix est et doit être l’objet essentiel. « Ce qui est fait dans le cadre cette révision constitutionnelle participe à cette recherche de paix, car il faut le dire, c’est bien évidemment dans la suite de l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali que cette révision est envisagée… », dit-il.

Hors, depuis la signature du soi-disant Accord de paix (mai 2015), la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer dans les régions nord et gagne du terrain vers le centre du pays, avec de nombreuses pertes en vies humaines.

Mohamed Sylla

L’Aube du 10 Aout 2017

 

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