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Le G20 et l’Afrique : Aller au-delà des promesses !

Le sommet des 20 plus grandes puissances de la planète s’est achevé le 8 juillet dernier à Hambourg en Allemagne. Ce grand rendez-vous des nantis a été marqué par deux faits majeurs. Le premier est que le plus puissant d’entre eux, c’est-à-dire les Etats-Unis d’Amérique, persiste et signe par rapport à sa logique incongrue selon laquelle le réchauffement climatique « est un canular ». Malgré les approches, peut-on dire pédagico-diplomatiques des plus farouches défenseurs de la cause de la planète, à commencer par le président français, Emmanuel Macron, à l’effet de convaincre Donald Trump de changer de posture, l’oncle Sam est resté droit dans ses bottes. Le seul bémol est que l’Amérique, sur la question, n’a pas fait des émules, puisque les 19 autres participants ont réitéré leur engagement à traduire dans les faits, les grandes conclusions de la COP 22.

Les perspectives en matière de lutte contre le réchauffement climatique n’incitent pas à l’optimisme

Hambourg a donc servi de tribune pour acter l’isolement du plus grand pollueur de la planète devant l’Eternel. L’Afrique, qui est la plus grande victime du réchauffement climatique, ne peut que regretter l’attitude de Donald Trump. Car, ce que veut l’Amérique, semble relever du dogme au point que l’on peut se risquer à dire ceci : ce que veut l’Amérique, Dieu le veut. Le reste du monde et l’Afrique en particulier sont prévenus. Les perspectives en matière de lutte contre le réchauffement climatique n’incitent pas à l’optimisme et ce, tant que la grande et puissante Amérique n’en fera pas une préoccupation. Car, non seulement c’est elle qui détient la palme d’or de la pollution de la planète, mais aussi c’est elle qui dispose le plus de moyens financiers et technologiques susceptibles de faire barrage au phénomène. C’est pourquoi, tous ceux qui sont convaincus que notre monde se portera mieux si l’engagement de sauver la planète est unanime, doivent mettre tout en œuvre pour combattre la position négationniste et franchement obscurantiste de l’actuel locataire de la Maison Blanche. Le deuxième fait majeur qui a caractérisé le sommet du G20 et qui mérite d’être relevé, c’est que tous, de manière unanime, se sont engagés à soutenir l’économie africaine. Et c’est la première fois qu’une telle décision a été prise par les 20 plus grandes puissances de la planète. En tout cas, l’engagement a été fait en des termes qui ne souffrent d’aucune ambiguïté d’aider le continent noir à sortir la tête de l’eau. « Nous sommes prêts à aider les pays africains intéressés », souligne, en effet, le texte de la déclaration finale du sommet. Celui-ci- en particulier, « encourage le secteur privé à saisir les opportunités économiques, pour une croissance durable et pour la création d’emplois ». In fine, il s’agit d’une initiative clairement destinée à endiguer l’arrivée en Europe, d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant la misère. Comme on le voit, il ne s’agit pas d’une aide désintéressée. Car, les nations occidentales, notamment européennes, espèrent par-là se débarrasser de la horde de crève-la-faim venue d’Afrique par le truchement de l’immigration illégale, pour perturber leur quiétude et leur banquet, pour paraphraser l’idée de l’illustre économiste Malthus. Tout en saluant donc le souci du G20 de tirer l’économie africaine vers le haut, l’on peut déplorer la véritable raison qui l’a poussé à opérer ce choix. On peut le déplorer d’autant plus que par les temps qui courent, l’Afrique n’est pas le seul continent dont les ressortissants se bousculent le plus aux frontières de l’Occident pour fuir la violence et la misère. La preuve, s’il en est encore besoin, c’est que les 7 pays africains qui ont été sélectionnés pour bénéficier en priorité du coup de pouce du G20, sont loin d’être considérés comme des nations d’où partent le plus d’hommes, de femmes et d’enfants pour l’eldorado de l’Occident. En réalité, il s’agit de pays qui sont déjà économiquement viables et qui constituent, de ce fait, des espaces propices pour l’Occident de réaliser de bonnes affaires. Et le G20 ne peut pas cracher sur ces opportunités.

Tant qu’il n’y aura pas de rupture, l’Afrique n’aura aucune chance d’être au rendez-vous du développement

C’est pourquoi l’on peut comprendre que certaines ONG soient déjà vent debout contre cette option. Les arguments qu’elles avancent, c’est qu’elle fait la part belle au secteur privé et ne contraint pas les pays riches dans leur engagement d’aide au développement. De manière générale, l’on peut faire le constat que ce n’est pas la première fois que les pays nantis jurent, la main sur le cœur, qu’ils vont aider l’Afrique à briser les chaines de la pauvreté et de la violence qui en est le corollaire. Seulement, le hic, c’est que rarement ces promesses mielleuses sont suivies d’actes concrets. C’est pourquoi l’on peut souhaiter que cette fois-ci, le G20 ait le courage et la clairvoyance d’aller au-delà des promesses pour véritablement aider les peuples africains à vivre dignes et heureux sur leur continent. Il va sans dire qu’une telle option ne peut pas faire bon ménage avec la mal gouvernance dont font montre bien des dirigeants africains. En réalité, quand on analyse les causes des crises qui minent l’Afrique, l’on peut logiquement aboutir à la conclusion que pour l’essentiel, elles ont quelque chose à voir avec la manière dont les satrapes africains régentent les hommes et les biens. Tant qu’il n’y aura pas de rupture franche à ce niveau, l’Afrique n’aura aucune chance d’être au rendez-vous du développement et ce, quelle que soit l’envergure de l’aide que les autres vont lui octroyer. A l’appui de cet argumentaire, l’on peut évoquer les nombreuses aides au développement qui se sont toujours déversées sur l’Afrique depuis pratiquement les premières heures des indépendances. Quand on en fait le bilan avec le sérieux requis, on peut vite se rendre compte qu’elles ont plus servi à accroître les inégalités sociales et à enrichir les princes qui nous gouvernent qu’à résoudre les problèmes dans lesquels sont engluées les populations, et qui poussent les uns à se jeter dans les bras de djihadistes et les autres à défier les vagues mortelles de la Méditerranée pour rallier l’Europe. Et l’on peut comprendre leur attitude, car, ne dit-on pas en Afrique que « cabri mort n’a pas peur de couteau » ?

Le Pays

Du 10 Juillet 2017

 

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