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Moussa Ag Acharatoumane : « Je n’ai pas peur de Abou Walid Al-Sahraoui »

Le visage de Daech au Sahel, Abou Walid Al-Sahraoui, s’en est pris à deux leaders communautaires qui se coordonnent sur le terrain pour refouler les terroristes. L’un d’eux lui répond.

Sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie électronique, une même lettre se partage depuis 24 heures dans le Nord-est du Mali. Un courrier signé par Abou Walid Al Sahraoui, jihadiste d’origine sahraouie, actif entre le Mali et le Niger, et qui a prêté allégeance à Daech en 2015. Le chef terroriste s’adresse « aux dirigeants des communautés Imghad et Idaksahak », et les nomment : Moussa Ag Acharatoumane, du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), et le général El Hadj Ag Gamou, leader du Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia).

Depuis septembre 2016, ces deux leaders organisent des patrouilles mixtes, sur le modèle de celles prévues par les Accords d’Alger, pour sécuriser la région de Ménaka où est actif Al Sahraoui. En mai, les deux leaders étaient à Paris. Accompagnés d’un membre influent de la tribu des Kel Ansar, et d’Alhamadou Ag Ilyene, ambassadeur du Mali à Niamey, ils avaient rencontré des responsables sécuritaires français et des représentants de la force Barkhane, pour mieux coordonner avec eux leur action sécuritaire. Le communiqué d’Al Sahraoui fait d’ailleurs allusion aux relations entretenues entre les deux leaders et la France.
Des opérations qui ont énervé

« Al Sahraoui est en position de faiblesse. Aujourd’hui, il maraude avec quelques bandits de tribus peules, ils font du banditisme », réagit, flegmatique, Ag Acharatoumane. Ce dernier insiste : « Nous n’avons pas peur de lui. Simplement, il rend la vie des populations infernales. Il est faible mais a un pouvoir de nuisance. Nous avons déjà fait passer notre message : ne dérange pas nos communautés. Nous n’irons pas te chercher à l’autre bout du monde, mais si tu nous empêches de vivre, nous te pourchasserons. »

Al Sahraoui ne parvient pas à avoir prise sur la région de Ménaka

Le 7 juin, Ag Acharatoumane avait annoncé à Jeune Afrique que ses hommes et ceux du général Ag Gamou avaient « mené de belles opérations et neutralisé une partie des terroristes responsables de l’attaque du 1er juin contre l’armée nigérienne [qui a fait huit morts dans les rangs de cette dernière] ». Un épisode qui a visiblement déplu à Al Sahraoui, qui y aurait laissé plusieurs hommes. Un proche du général Ag Gamou confirme que les accrochages et les échanges de coups de feu entre les patrouilles mixtes et le groupe de Al Sahraoui sont réguliers et empêchent ce dernier de s’approvisionner et de se déplacer comme il le voudrait. Les militaires français de la force Barkhane accompagnent parfois les patrouilles mixtes, ou du moins se coordonnent avec elles, toujours selon la même source, ce qui peut augmenter la nervosité du chef terroriste.

Ag Acharatoumane tient aussi à relativiser la gravité du document publié, qui parle « d’extermination de votre espèce sur terre » : « Ce n’est pas la première fois que nous sommes menacés. Al Sahraoui a l’habitude de nous promettre le pire… » Reste les menaces de guerre ouverte contre les tribus si elles ne désavouent pas leurs chefs. « Il n’a pas peur de nos seules patrouilles. Il est très énervé de remarquer que ses idées ne passent pas dans la population et dans les tribus. Nos qadis sont à la fois conservateurs et respectés. À chaque fois qu’il émet un discours, ces derniers le démontent point par point. Al Sahraoui ne parvient pas à avoir prise sur la région de Ménaka. »

Par Jules Crétois
Le jeune Afrique du 29 Juin 2017

 

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