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Réactions des marcheurs contre la révision constitutionnelle : ‘’Nous ne voulons pas de leur nouvelle Constitution, c’est tout’’

Samedi 17 juin, une grande marche pacifique a été organisée par la société civile malienne et l’opposition républicaine pour dire NON à la révision constitutionnelle. A l’issue de cette marche, les responsables ont donné leur opinion. Les manifestants ont invité le président de la République à retirer le projet de loi adopté par l’assemblée nationale le 3 juin et dont le referendum est prévu pour le 9 juillet prochain. Lisez !

Ousmane Sy, ancien ministre du Mali : ‘’J’invite les autorités maliennes à arrêter le processus de révision constitutionnelle et qu’on fasse des concertations les plus larges possible’’

Je suis un militant du Mali, un citoyen de ce pays, même si mon combat n’est plus devant, je fais partie des gens de l’arrière garde, chaque fois que l’essentiel est en cause, il faut qu’on soit là. Et aujourd’hui, je pense que l’essentiel est en cause. J’appelle à voter contre cette façon de faire la réforme constitutionnelle parce qu’on ne peut pas bâcler la reforme constitutionnelle dans un pays en crise comme le Mali. J’invite les autorités maliennes à arrêter le processus de révision constitutionnelle et qu’on fasse des concertations les plus larges du possible pour unir les maliens.

Nouhoum Togo, responsable du Pdes : ‘’Aujourd’hui, il y a des priorités que de réviser la constitution de 1992’’

« Nous demandons la mobilisation du peuple malien comme en 1991 pour qu’on retire le projet de loi de révision constitutionnelle. En 1991, les Maliens se sont soulevés pour avoir le changement tant souhaité. La nouvelle constitution initiée par le président de la République amène la division. Aujourd’hui, il y a des priorités que de réviser la constitution de 1992. Nous pensons que ce n’est pas le moment, car, il y a une violation de l’article 118 de la constitution. Nous ne voulons pas aller à un referendum sachant qu’il y’aura du tripatouillage électoral. Le système électoral n’est pas à hauteur de souhait. Nous invitons le président de la République à écouter le cri de cœur des maliens en retirant le projet de loi ».

Master Soumy, artiste : « Heureux est celui qui écoute les conseils »

« Ce n’est pas une question de personne, c’est une question d’intérêt national. Nous ferons de notre mieux pour le pays. Aucune intimidation ne nous fera reculer. Nous disons et répétons : A-bas cette révision constitutionnelle. Non au référendum ! Nous disons à IBK, qu’heureux est celui qui écoute les conseils »

Mylmo, artiste : « Je suis là pour les citoyens »

« Les Maliens sont sortis, c’est un acte de citoyenneté. Chaque Malien doit penser au Mali. Je dis bien le Mali, parce que certains sont là pour le pouvoir, d’autres pour l’argent, et d’autres aussi pour la citoyenneté. Je suis là pour les citoyens ».

Ras Bath, chroniqueur : « … C’est faire de la démocratie une affaire de famille »

A Dieu seul appartient le pouvoir unique. C’est pour cela que nous avons fait partir Moussa. Et 23 ans après, amener une Constitution qui donne 6 des 7 pouvoirs au président de la République, c’est faire de la démocratie une affaire de famille. Leur proposition de Constitution prévoit que si l’élection présidentielle ne peut se tenir le président de la République ne quittera pas le pouvoir. C’est un projet pour la venue du « Massaya » (royauté). Nous n’en voulons pas. Nous n’avons ni fusil, ni coupe-coupe, ni bâton mais nous avons ce qui représente le sabre de Badra Aliou, c’est-à-dire l’amour de la patrie. Nous demandons à IBK de retirer ce projet, nous ne le voulons pas.

Soumana Sacko, président de CNAS Faso Hèrè :« Notre credo, c’est la patrie ! »

Nous ne voulons pas du pouvoir d’un seul homme ! Dictateur, A bas ! La dictature, A bas ! La monarchie, A bas ! La monarchie de droit héréditaire, à bas ! La monarchie de droit constitutionnel, A bas ! Notre credo, c’est la patrie ; notre crédo, c’est le Mali ! Nous ne voulons pas de leur nouvelle Constitution, c’est tout.

Tiébilé Dramé, président du PARENA : « Je connais le président, je pense qu’il va entendre »

Toutes ces personnes qui sont ensemble pour la première fois, comme un seul homme, pour lancer un avertissement aux autorités, au président de la République pour qu’il retire son projet de Constitution. Je connais le président, je pense qu’il va entendre. Un président ne peut pas rester sourd à cette mobilisation, ce n’est pas possible.


Bakari Diarra, député groupe parlementaire Adp-Maliba/Sadi : ‘’ Nous sommes contre la tenue du référendum’’

Nous n’avons qu’une seule motivation pour le Mali. Sauver la patrie, sauver l’intégrité du territoire malien, c’est pourquoi nous sommes là ce matin, conformément à l’article 118 de la constitution pour dire qu’aucune procédure de révision ne peut être poursuivie au cas où il y a atteinte à l’intégrité du territoire nationale. Nous pensons qu’aujourd’hui, le Mali l’est. Nous sommes contre la tenue du référendum parce que nous ne sommes pas pour la révision. C’est pourquoi nous avons voté contre à l’Assemblée nationale. Le message à lancer s’il y en a, est le message de sagesse à l’endroit des autorités maliennes, quelles sachent raison garder, qu’elles écoutent le peuple malien. La révision de la constitution ne s’impose pas aujourd’hui, ce n’est pas une priorité, les maliens ont faim, les maliens n’arrivent plus à dormir, et on veut envoyer les maliens en campagne ? A Macina vous ne pouvez pas circuler à Moto. Le Mali n’est pas à Kidal. Il y a des localités qui ont été occupées ce matin encore au Nord, ils veulent encore envoyer nos frères, fils, papas à la boucherie. Nous disons non.

Imam Chouala Bayaya, leader musulman : ‘’ On est là pour dire non à la nouvelle constitution’’

Cette foule dénote que les maliens se sont réveillés. On est là pour dire non à la nouvelle constitution. Même s’il nous faut donner nos âmes pour sauver le Mali nous le ferons. Si on veut parler pour le bonheur du Mali, pour votre bonheur, sortez à l’appel de l’opposition pour la soutenir. Depuis que je suis né, je n’ai jamais marché pour une raison ou autre dans le pays. Mais si vous voyez que je suis sorti ce matin pour marcher, c’est parce que la révision qu’on veut faire nous concerne, concerne notre religion (musulmane), concerne le pays.

Me Amidou Diabaté, vice-président du Parena : ‘’L’opposition veut que le peuple fasse échec à la révision constitutionnelle’’

« Les convictions qui m’ont poussé à marcher en 1991 sont les mêmes convictions qui me poussent à marcher aujourd’hui, à défendre la liberté, les droits fondamentaux de notre peuple. Je pense que la question constitutionnelle telle qu’elle se pose aujourd’hui, pose la question de la défense des droits fondamentaux de notre peuple. Il y a un certain nombre de choses dans cette constitution dont le renforcement du pouvoir personnel du président. Le président de la république avait suffisamment de pouvoirs, cette fois-ci, on lui a ajouté ceux du gouvernement. L’opposition veut que le peuple fasse échec à la révision constitutionnelle à travers la mobilisation

Hammadoun Amion Guindo, secrétaire général de la Cstm : ‘’ Certaines modifications peuvent remettre en cause l’Etat de droit »

La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (Cstm) est là pour soutenir l’Etat de droit dans ce pays, un Etat de droit qui a été acquis comme tout le monde le sait, de hautes luttes avec beaucoup de sacrifices en mars 1991. Alors, un syndicat ne peut pas rester insensible quand un président de la République prend sur lui la responsabilité non seulement d’initier, mais aussi de proposer certaines modifications qui peuvent remettre en cause l’Etat de droit. Donc, pour le syndicaliste, puisqu’il n’y a pas de syndicats sans un environnement de droit, nous estimons que les syndicats doivent s’investir au plus haut niveau pour d’bord maintenir cette constitution. Et que demain si elle doit changer, que ce soit par consensus comme en 1991.

Mamadou Hawa Gassama, député à l’assemblée nationale : ‘’ Le Mali n’a pas besoin de révision constitutionnelle en ce moment’’

L’article 118 de la constitution de 1992 dit noir sur blanc que tant qu’un coin du pays est occupé, qu’on ne peut faire révision constitutionnelle. Mais IBK et ses hommes disent que l’occupation de Kidal n’est pas le Mali, que Taoudéni n’est pas le Mali, que Ménaka n’est pas le Mali, que Tombouctou n’est pas le Mali, que Douentza n’est pas le Mali, qu’Hombori n’est pas le Mali. C’est vous dire que le Mali n’a pas besoin de révision constitutionnelle en ce moment. Quand le président ATT a touché à l’article 30 de la constitution, les Maliens se sont levés, et il l’a abandonné. Il a écouté son peuple et a abandonné également la loi sur le code de la famille. Nous lui disons merci pour son courage et sa sagesse. Nous invitions IBK à emboiter le pas à ATT.

La rédaction
Le Républicain du 19 Juin 2017

 

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