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Importation frauduleuse : Les acteurs dénoncent la pratique

La Coopérative des Aviculteurs du Mali (CAMA) a tenu une conférence de presse, le mardi 14 mars dernier à la Maison de la Presse, pour dénoncer l’importation frauduleuse de la viande de volaille au Mali. Pour Cheicknè Labass Haidara, président de la CAMA et principal conférencier, cela constitue une menace pour la santé de la population et une entrave à l’épanouissement du secteur avicole au Mali.

Dans son intervention, le président de la CAMA, Cheicknè Labass Haïdara a expliqué que le Mali est un pays de production agro-sylvo-pastorale par excellence. Pour preuve, dit-il, l’élevage est pratiqué au moins par 80% de la population rurale et constitue une source de revenus pour eux. Mais aussi, les produits de l’élevage occupent le 3ème rang en termes d’exportation après le coton et l’or.

Cependant selon lui, malgré l’évolution des productions animales, les ressources en protéines animales de qualité restent encore insuffisantes et constituent ainsi un obstacle à la lutte contre la malnutrition au Mali. Pour pallier à ce déficit dit-il, les espèces à cycle court comme les volailles restent un véritable moyen de ressources en protéines. Selon lui, de nos jours, l’aviculture moderne est en plein essor au Mali. Et cela grâce aux efforts des professionnels du secteur.

Mais pour lui, la difficulté qu’ils connaissent aujourd’hui dans ce secteur est l’importation frauduleuse de la viande de volaille, en violation des textes en vigueur au Mali.

« Ces carcasses de poulets illégalement importées sans certificat sanitaire posent un véritable problème de santé publique et constituent une entrave à l’épanouissement du secteur avicole local », a laissé entendre le conférencier. Qui souligne que ces carcasses de poulets peuvent provenir d’un pays affecté par la grippe aviaire ou être transportées dans des mauvaises conditions d’hygiène. Et sur le plan économique, ajoute-t-il, l’importation frauduleuse des viandes de poulet constitue une menace à la fois pour les fermiers aviculteurs, les fabricants d’aliments volailles, les accouveurs, les importateurs et les consommateurs. Pour preuve explique-t-il, le secteur comptait environ 3127 exploitants en 2016 au Mali.
« Si chaque exploitant emploie 2 bassecouriers, cela fera 6254 bassecouriers pour un salaire de 45 000 FCFA par mois par personne. Ce qui fera une masse salariale de 281 430 000 FCFA. Sans compter une douzaine d’accouveurs dont la capacité mensuelle de production est d’environ 877 000 œufs. Ce qui représente 701.600 poussins par mois multipliés par 700 FCFA par poussin. Ainsi, on pourra générer une masse salariale de 491.120.000 FCFA par mois. Sans compter les charges en eau, électricité et autres qui sont estimées à plus 234 525 000 FCFA par mois », a-t-il précisé. D’où l’occasion pour lui de souligner que l’aviculture est un véritable secteur pourvoyeur d’emplois.

Selon le conférencier, ce commerce illégal de viande de poulet engendre aussi une perte d’environ 12 084 900 000 FCFA à la douane malienne.
« Au-delà des risques sanitaires, l’importation massive de viande fraiche de volaille constitue non seulement une concurrence déloyale aux producteurs locaux, mais aussi elle risque d’annihiler les efforts en cours pour moderniser la filière avicole et est contraire aux initiatives du Ministère de l’Elevage et de la Pêche pour booster les productions animales à travers la subvention de 30% des intrants d’élevage accordés par l’Etat », a-t-il indiqué.
Selon lui, les aviculteurs locaux peuvent bien satisfaire les besoins de consommation de la population malienne. Et pour lui, l’ambition du CAMA pour le futur est de créer un abattoir de poulets de chair au Mali et une usine de fabrique de mayonnaise avec l’aide de leurs partenaires.

« Nous demandons au gouvernement de ne pas reculer face aux bandits qui veulent détruire l’industrie malienne et saluons les efforts des vaillantes forces de sécurité qui ont saisi récemment un camion frigorifique de 40 pieds contenant des poulets de chair. Nous demandons au gouvernement de continuer à veiller à l’application de l’arrêté interministériel N°09-1652/ MIIC-MEF-MEP-MSIPC du 8 Juillet 2009 portant interdiction de l’importation de la viande fraiche de volaille…. », a-t-il conclu.

Moussa Sékou Diaby

Le Tjikan du 17 Mars 2017

 

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