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Kidal donne le ton des autorités intérimaires : Quand les drapeaux malien et azawadien cohabitent

Le colonel Hassane Fagaga a été solennellement investi, mardi, président de l’autorité intérimaire de la 8eme région économique du Mali. Seulement voilà : le chef de la délégation malienne, le ministre Ag Erlaf a toléré la présence du drapeau de la fantomatique République de l’Azawad.

Une véritable provocation qui aurait due faire échouer l’évènement du jour. Ce n’est pas tout. Le drapeau malien, comme convenu, n’a pas été hissé dans le ciel Kidalois. Pour combien de temps cette situation incompatible va durer ? Malgré tout, il faut reconnaitre que c’est une étape décisive qui vient d’être franchie pour le retour, à Kidal, de l’autorité de l’Etat, totalement absente depuis la visite douloureuse de Moussa Mara, alors Premier ministre, chef du gouvernement.

Après les tentatives avortées du jeudi 16 février puis samedi 18 février, Kidal a enfin pu installer, le mardi 28 février, ses autorités intérimaires, censées rétablir l’autorité de l’Etat. Comme convenu et conformément au nouveau calendrier issu de la rencontre du vendredi 24 février entre parties signataires de l’Accord en présence de la médiation internationale, le colonel Hassane Fagaga a été solennellement investi président de l’autorité intérimaire de la région de Kidal. Un signe d’espoir pour la paix et la réconciliation puisque que dans l’autorité intérimaire dirigée par le colonel Fagaga, il y a les représentants de l’Etat, ceux de la plateforme ainsi que de la CMA.

La cérémonie a mobilisé plusieurs personnalités du Mali et de la communauté internationale, une trentaine d’officiels, selon les sources officielles. Il s’agit notamment du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, Mohamed Ag Erlaf, du Haut représentant du chef de l’Etat pour la mise en œuvre de l’Accord, Mahamadou Diagouraga, de l’ambassadeur de la France au Mali, S.E. Madame Evelyne Descorps, de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, S.E. M. Boulem Chebihi, du gouverneur sortant Koina Ag Ahmadou ainsi que des représentants de la MINUSMA et de la MISAHEL.

Le plus difficile était Kidal, fief de la CMA. Mais l’étape de Kidal a tenu ses promesses après un processus qui a pris plus de 18 mois de tractations. Pour le ministre de l’Administration territoriale, Mohamed Ag Erlaf, il s’agira dorénavant de mettre les services sociaux de base en place, de rendre les services publics aux populations et aux citoyens, d’organiser les élections pour que ces autorités intérimaires soient remplacées par des collèges unis. 
Victoire symbolique avec la présence de tous les belligérants venus en frères.

Les impressions de Me Harouna Toureh de la plateforme : « Je peux vous confirmer que ce matin, j’ai eu une grande émotion à l’aéroport de Bamako lorsque les frères de la Plateforme ont rencontré ceux de la CMA. Ils se sont donné l’accolade. C’était de la fraternité. Et je constate qu’ici également dans cette salle, je ne fais la différence entre personne. Vous êtes tous enturbannés et je ne vois pas la Plateforme, je ne vois pas la CMA. Je ne vois que des frères ici. Et je vous souhaite de rester frères, de continuer à vous tendre la main. Ce qui compte, c’est le présent et l’avenir que nous devons construire ensemble, en toute fraternité dans le respect des règles, je précise bien, de cette République que nous avons unanimement reconnue dans l’accord que nous avons tous signé. »

Vivement la prochaine étape à Kidal pour la mise en place des patrouilles mixtes, un autre défi de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger.

Daniel KOURIBA

Le 22 Septembre du 02 Mars 2017

 

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