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  Situation du pays
Crise au consulat du Mali à Paris : Comment le ministre Bathily a desserré l’étau !

Dépêché d’urgence par le gouvernement à Paris le dimanche 25 décembre 2016 pour calmer les esprits de nos compatriotes qui avaient pris occupé deux jours plutôt le consulat du Mali dans cette ville, le ministre des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, Mohamed Ali Bathily, éprouve en fin de mission un sentiment de soulagement. Après des séances d’âpres discussions avec la diaspora malienne dans la capitale, notamment le Collectif « Mains propres », Monsieur Bathily est arrivé à instaurer un climat de dialogue avec nos compatriotes de France autour de leurs préoccupations : carte NINA, passeport biométrique, question de réadmission... Si le siège n’était pas encore levé au consulat, les responsables du collectif ont assuré lundi que cela n’était plus qu’une question de temps. Les grandes lignes d’un séjour à pas de charge !
Il faut noter que les revendications des occupants du consulat, depuis le 23 décembre dernier, sont au nombre de dix-sept points qui ont été égrainés au ministre émissaire.

LES 17 REVENDICATIONS DU COLLECTIF ‘’MAINS PROPRES’’
1. L’abandon pur et simple du système de quota fondé sur le comptage à la porte ;
2. La mise en place d’au moins trois lignes téléphoniques d’information ;
3. La mise à jour permanente du site internet du consulat avec possibilité de prise de rendez-vous élargie à toute sorte de documents ;
4. L’ouverture au dépôt et au retrait de tous les jours ouvrables avec distribution de tickets jusqu’à midi ;
5. La mise en place d’un dispositif d’identification de tous les agents du Consulat par le biais d’uniforme et de badge avec nom et prénom ;
6. La mise à disposition d’un registre des incidents ;
7. L’ouverture permanente d’au moins un guichet de paiement de 8h30mn a 14h30mn avec possibilité de remise de monnaie ;
8. Le marquage visible du guichet prioritaire pour les femmes enceintes, les personnes handicapées, les maliens des provinces et les personnes âgées ;
9. Le raccourcissement significatif du délai d’octroi des documents (aucun délai ne doit dépasser une semaine y compris le passeport ;
10. L’indicatif de la date de retrait sur chaque reçu de dépôt et la mise en place d’un système d’alerte et d’information de l’usager en cas d’impossibilité de respect du délai de retrait (SMS, appel téléphonique…) ;
11. Le traitement équitable entre les binationaux et les seuls nationaux désirant se rendre au Mali excepté l’obligation de posséder le passeport ; malien.
12. La gratuité du laissez-passer pour tout malien ou malienne ayant fait une demande de passeport et l’établissement de sa validité auprès des agents de l’aéroport de Bamako jusqu’à la disponibilité du passeport ;
13. L’organisation des forums de sensibilisation des maliens sur les accords bilatéraux entre le Mali et la France concernant la vie des Maliens de France ;
14. Interdiction de tout système d’intermédiation dans la demande des documents consulaires ;
15. La mise en place ou élargissement du service social et juridique à la protection des maliens victimes d’accident et ou de bavure de toutes sortes ainsi que l’adhésion à la convention rapatriement de corps comme en disposent les pays du Maghreb ;
16. La rédaction et l’affichage d’une charte de bonne conduite au sein du consulat ;
17. La création d’un poste de médiateur social pour traiter les cas de souffrance sociale ;
Le collectif est déterminé à suivre la satisfaction des présentes revendications dont la mise en place ne devra sous aucun prétexte dépasser un délai maximum de trois mois.

A l’issue d’un séjour d’une semaine de négociations marquée avec la diaspora malienne à Paris, le ministre Bathily est enfin de retour à Bamako,après avoir fourni des éclairages et reçu en retour des concessions.
Après ses homologues des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et des Maliens de l’extérieur, le Dr Abdramane Sylla, le choix du gouvernent du Mali a été porté sur le ministre Bathily pour desserrer l’étau autour de notre consulat. Le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières est parvenu à se faire entendre des frondeurs, mais la partie n’a pas été pour lui des plus aisées. En effet, dès son arrivée, le ministre a eu des difficultés de rencontrer les autorités diplomatiques et consulaires sur place.

« Depuis mon arrivée le lundi matin, aucune autre autorité diplomatique ni consulaire n‘a cherché à me voir. J’ai appelé et j’ai rendu compte par écrit SMS au Premier ministre, j’ai appelé le ministre des Affaires étrangères de la coopération Internationnale et de l’Intégration Africaine, je lui ai dit que j’étais un peu embarrassé par cette situation. Le Premier ministre m’a dit, « M. le ministre, vous avez été envoyé en mission par Monsieur le Président de la République, c’est moi qui vous le dit. Vous êtes chargé d’une mission et quels qu’en soient les obstacles, tâchez d’accomplir cette mission » », a expliqué le ministre.

De son côté, le collectif avait posé des préalables pour échanger avec l’émissaire du Gouvernement, dont la présentation d’un ordre de mission en bonne et due forme avec la présence à ses côtés des autorités de l’ambassade et consulaires.Face à ces préoccupations, le ministre s’est voulu rassurant : « Je n’ai pas l’habitude de m’adresser à la communauté en tant qu’envoyé du gouvernement du Mali. Les ministres attitrés à cet effet l’ont toujours fait. Mais cette fois-ci, devant le problème de l’occupation du consulat, ils ont été mis en cause par les occupants qui ont demandé leur démission et leur choix est tombé sur ma modeste personne. Le premier constat que je voudrais dégager ici, c’est je suis heureux de le faire. Le deuxième constat, c’est que j’ai choisi d’expliquer les problèmes posés et l’approche que le gouvernement en a pour l’ensemble de la communauté malienne et non aux seuls occupants du consulat ».

A ses interlocuteurs, le ministre a d’abord fait comprendre que leur colère était normale. Cependant, il pense qu’un dialogue était indispensable pour trouver la solution, à travers des actes concrets.

« Je pense que les raisons qui sont à l’origine de l’occupation sont des raisons qu’il faut respecter, ce n’est pas des raisons fantaisistes, c’est des raisons valables, c’est des raisons fondées, réelles, des raisons qui témoignent de la défaillance de l’administration publique vis-à-vis de nos concitoyens à l’étranger. Il n’y a rien donc à dire que de chercher à le résoudre sinon, on ne saurait donc contester le bienfondé de leurs revendications », a reconnu le ministre.

L’embarras du ministre Bathily
Arrivé dès le dimanche 25 décembre, la mission du ministre des Domaines était précise : rencontrer la communauté malienne en France, convaincre les occupants du consulat de la volonté du gouvernement d’apporter des réponses idoines à leurs préoccupations afin qu’ils décampent des lieux et échanger avec ces derniers sur leurs points de revendication (17 au total). Comment faire alors pour atteindre surtout ces manifestants ? Les autorités de l’ambassade et consulaires étaient-elles des passages obligés ? Le ministre ne voulait pas se tromper de sa mission. C’est pourquoi il tenta de contacter en tout premier lieu l’Ambassadeur du Mali en France, mais en vain.
Mohamed Ali Bathily raconte, au cours d’une soirée de rencontre avec la diaspora les écueils de sa mission : « Quand je suis arrivé, j’ai cherché à rencontrer les autorités de l’ambassade, du consulat, téléphoné personnellement à l’ambassadeur, il m’a répondu aussitôt qu’il était heureux que le choix du gouvernement soit porté sur ma personne. En effet, je connais personnellement l’ambassadeur depuis fort longtemps. Dans ce cas, comment faire pour le voir, on m’a dit lundi, il ne travaillait pas. Il m’a dit qu’à vingt heures, il rencontrait les occupants pour discuter avec eux. Je lui ai dit que ça tombait bien et je vais avec lui écouter leurs doléances et me présenter à eux. Il m’a demandé d’attendre qu’il aille avec les fonctionnaires du consulat parce qu’ils avaient transmis un document avec dix-sept points de revendication. Les agents du consulat ayant traité ces doléances, il indique qu’il va commencer avec la négociation, prendre la température, et me rendre compte. Je lui ai dit que c’était bien s’il estimait ainsi et qu’il me rendrait compte de ce qui se serait passé. J’attendais donc, qu’il me rende compte. Je suis resté jusqu’à lundi à une heure du matin sans suite. Le lendemain mardi, je l’ai appelé, il m’a dit que la rencontre avait eu lieu, mais que les discussions continuaient. Je lui ai dit que le lundi dans l’après-midi j’ai touché certains de la communauté parce que pour moi, il était nécessaire de s’adresser à l’ensemble de la communauté même si on négociait avec les occupants et que je leur ai demandé de toucher les responsables de toutes les associations pour leur dire que j’étais là et que je suis venu avec un message du gouvernement, je souhaiterais le partager avec l’ensemble de la communauté. Ces responsables ont pu joindre les occupants du consulat parce que je ne les connaissais pas et que j’ai eu une conversation avec deux d’entre eux : M. Camara et ensuite M.Tapa Konté. Je leur ai dit que j’étais là à leur disposition pour pouvoir discuter avec eux et leur dire ce que le gouvernement m’a chargé de leur transmettre. Ils m’ont dit qu’ils allaient me contacter plus tard parce que j’ai parlé avec eux vers 21 heures. Ils m’ont dit le lendemain mardi à 14 heures qu’ils souhaitaient me rencontrer à l’Ambassade à 18 heures. Entre temps, j’ai téléphoné à l’ambassadeur plus de dix fois sans réponse,j’ai laissé des messages vocaux sans réponse, j’ai envoyé un message écrit sans réponse. Depuis mon arrivé le lundi matin, aucune autre autorité diplomatique ni consulaire n‘a cherché à me voir. J’ai appelé et j’ai rendu compte par écrit SMS à Monsieur le Premier ministre, j’ai appelé le ministre des Affaires étrangères, je lui ai dit que j’étais un peu embarrassé par cette situation ».

Volonté de sabotage
Le ministre émissaire sera contacté pour l’informer du report de son rendez-vous de 18 heures à l’ambassade : le motif avancé, les autorités de l’ambassade et du consulat n’en sont pas informées. « Donc, à 18 heures j’ai voulu me rendre à l’ambassade, Monsieur Morikè Bathily m’a informé que la rencontre devrait être reportée parce les occupants disaient qu’entre -temps le conseiller à la communication de l’ambassade les avait contactés et qu’ils étaient étonnés de ce contact, que la rencontre devrait avoir lieu à l’ambassade et que le conseiller leur aurait dit qu’il n’était informé de cette rencontre.Mieux il aurait appelé l’ambassadeur qui leur aurait dit que lui non plus et que de toute façon, la rencontre ne se tiendrait pas à l’ambassade », a expliqué le ministre.

C’est ainsi qu’un nouveau rendez-vous sera fixé pour que le ministre rencontre les Maliens de la diaspora en France, au consulat. A cette rencontre, le ministre Bathily a surtout salué l’accueil à lui réservé : « Ils m’ont accueilli avec respect, nous avons discuté avec respect et après ils m’ont permis de m’adresser aux militants qui occupaient le consulat avec respect ! Donc, je dois vous dire et l’avouer que je dois les saluer avec respect ».
Sur la question du passeport et de la carte NINA, le ministre a informé qu’il n’était aucunement possible de les dissocier l’un de l’autre. Par contre, le gouvernement, qui mesure déjà l’ampleur des préoccupations, a pris des dispositions en vue d’envoyer une équipe de dix personnes avec l’équipement nécessaire pour prendre en charge les besoins.
La diaspora avait sont idée sur le bon déroulement de ce processus.
Selon un intervenant, il faut recruter les jeunes compétents sur place, pour des besoins d’efficacité et d’économie.

« Nous voulons que vous recrutez parmi nos enfants ici qui sont allés à l’école qui ont leurs diplômes pour faire le travail de recensement au lieu de nous envoyer des gens qui n’ont aucune envie du travail. Aujourd’hui, le consulat ressemble au grand marché de Bamako, au Dabanani où c’est seul le business qui paye. Si tu ne banques pas, ton problème n’est pas résolu », a déploré cet intervenant.

Hier lundi encore le consulat était toujours occupé par les frondeurs. Mais selon un responsable associatif joint sur place, la mission du ministre émissaire a été plus que salutaire. Par conséquent, la levée du siège, nous a-t-il confié, n’est qu’une question de temps.

« La présence ou non au consulat n’a plus d’importance ! Le ministre a rencontré les occupants et l’ensemble de la communauté, il est resté courtois, poli et serein. Le dossier a beaucoup évolué. Un nouveau consul a été nommé ; à la suite du passage du ministre, les discussions se poursuivent avec Son excellence Monsieur l’Ambassadeur. M. Tapa (président du collectif) a accepté de lui ouvrir toutes les portes. M. l’Ambassadeur a accepté de prolonger la validité de l’ancien passeport. Cela est fort appréciable !La levée du siège n’est plus qu’une question de temps »,a assuré le responsable de ‘’l’Association ONDIGA’’

L’Indicateur du Renouveau du 04 Janvier 2017

 

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