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Catastrophe ferroviaire au Cameroun : Un train qui en cache un autre

Hier le drapeau camerounais était en berne, et le vert rouge jaune de ses couleurs plutôt ternes. En berne comme le moral des Camerounais depuis la catastrophe ferroviaire d’Eseka dont on sait maintenant qu’elle a fait plus de victimes que les chiffres officiels ne le disent. Le dernier décompte fait état de 79 morts et 551 blessés.

Quatre jours après, la douleur est toujours aussi vive, les questions nombreuses, la colère palpable et les problèmes à régler immenses, comme cette dramatique pénurie de poches de sang pour transfuser les centaines de patients et pour remédier à laquelle un appel au don a été lancé.Qu’est-ce qui a bien pu amener le train fou qui reliait Yaoundé à Douala à terminer sa course folle dans le décor ? En attendant les résultats de l’enquête ouverte par Bolloré, qui gère la Camrail, on se perd en conjectures.

Comme un train peut en cacher un autre, ces tragédies révèlent bien souvent le dénuement dans lequel vivent les populations et ce drame ne déroge pas à la règle. Comment ne pas compatir avec le maire de la désormais tristement célèbre bourgade d’Eseka qui supplie les autorités de doter son patelin d’une simple ambulance médicalisée ou même de délivrer l’autorisation d’ouvrir une pharmacie puisque ses habitants sont obligés de parcourir les 112 km qui les séparent de la capitale pour s’approvisionner en cas de besoin ?

Incroyable, inadmissible même pour un pays potentiellement riche comme le Cameroun qui a la banane, le cacao, le café, la bauxite, le fer, le cobalt, le nickel, le manganèse, le diamant, le marbre, le pétrole et …hélas Biya aussi. On dira toujours que c’est le destin, or c’est souvent des problèmes de gouvernance, de politiques, et force est de constater que le président Biya qui n’a daigné rentrer que 72 h après la survenue de l’accident se contente de régner en bon monarque. Ses compatriotes n’ont donc que leurs yeux pour pleurer et ne peuvent que s’en remettre à la providence comme ce fut encore le cas hier avec la journée de recueillement et de prières œcuméniques à Yaoundé comme à Eseka, parfois en l’absence même des autorités du pays. Ainsi va le Cameroun de Biya. Si seulement ce genre d’incidents malheureux pouvait changer le mode de gouvernance de nos dirigeants sous nos « tristes tropiques » ! 

Aboubacar Dermé

L’Observateur Paalga du 25 Octobre 2016

 

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