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  Un peu d’histoire, d’art et de culture
Portrait : Charles Niaré : Du foot à la musique, le chant dans le sang

Charles Niaré est un jeune artiste malien. En plus de la musique pentatonique bambara, c’est un bon danseur et footballeur. Un brillant parcours à 29 ans.


Né en 1987 à Kati, Charles Niaré a toujours excellé dans la danse, le chant, mais surtout le football. Depuis son enfance, Charles rêvait de faire carrière dans le football. Après l’école de foot à Kati, il rejoint le team du Club olympique de Bamako (COB) où il évoluait comme attaquant.
Son talent d’artiste chanteur a été détecté par son entourage au point que le directeur de l’école Brian de René de Kati, qu’il avait qualifié à la finale du tournoi inter-école de chorégraphie de Kati, lui recommande de rejoindre l’Institut national des arts (Ina). Peine perdue, à l’époque « Oxy », comme le surnomme ses fans, ne vivait que pour le ballon rond.
C’est en 2006 qu’aura lieu le déclic. Au lycée Kankou Moussa, il eut le goût d’entamer une carrière dans la musique après sa brillante participation à la commémoration du dixième anniversaire de son lycée. Après avoir créé l’hymne du Lycée Kankou Moussa et gagné 8000 F CFA comme cadeau, il s’engaga dans la musique. « Je me suis dis que je joue au football depuis une dizaine d’années sans gagner d’argent, mais avec un seul morceau, j’ ai eu cette somme. Alors je me suis dit que j’étais peut être prédestiné à devenir artiste chanteur », se souvient-il.

Soutenir sa mère y est pour beaucoup
Pour se lancer dans sa carrière, Charles partagera avec ses amis et sa mère, Sitan Colibaly, cet argent. « J’ai payé de la boisson pour mes amis. J’ai apporté 5000 F CFA à ma mère dans mon village. C’était pour qu’elle fasse des bénédictions pour ma nouvelle vie. Je voulais être chanteur et gagner de l’argent afin de l’épauler », dévoile-t-il. Selon lui, la situation « précaire » de sa mère a beaucoup impacté sur sa décision. Voulant l’aider à supporter ses dépenses quotidiennes, il s’est entièrement consacré à la musique. Les raisons : « Ma mère à souffert pendant mon enfance. Elle faisait du charbon au village pour s’occuper de mes six frères et moi. Donc, je devais faire quelque chose ».
En 2007, las d’aller tous les jours à l’école et ne pouvant pas se consacrer comme il le desirait à sa passion, Charles décide d’abandonner les études. En 2008, il participera à Maxi vacances et se classe 3e national, puis au concours national de la Chaîne 2. Il glanera la 2e place dans cette compétition. Son premier album verra le jour en 2009 avec 9 titres dont le plus écouté sera « wasso magni » (la vanité n’est pas bon).
Toujours dans l’optique de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille, Charles Niaré travaillera comme gardien à l’aéroport pendant deux ans. En 2011, il décide de reprendre le chemin de l’école pour obtenir son baccalauréat la même année comme candidat libre. L’année suivante, il réussira avec succès au concours d’entrée au conservatoire Balla Fasseké Kouyaté où il fera musique avec chant.comme spécialité
En 2016, le lendemain de sa soutenance, il entreprend une tourné européenne. Il animera avec succès des concerts en Allemagne, au Danemark et à Lyon (France). « J’espère que cette tourné n’est que le début d’une grande carrière. J’ai pour ambition de conquérir le monde entier à travers ma musique », ajoute-t-il. Et de préciser : « Je suis très fier de ce que j’ai accompli jusque là. Je nourris de grandes ambitions, mais pour l’instant je vais faire quelques singles avant de repartir au Danemark pour le festival Stop on Mali. Je dois remercier tous ceux qu m’ont aider surtout mon ami Boubacar Dansoko, Mohamed Haidara et Feu Seydopu Samaké dit Major, etc ».
Malgré son jeune âge et les difficultés rencontrées, Oxy ambitionne de promouvoir son style. Célibataire sans enfants, Charles se donne corps et âme pour le rayonnement de la culture malienne sur la scène internationale. D’où son désir permanent de créer, d’innover et sortir du standard pour imposer sa « touche ».

Sory I. Konaté
5 Octobre 2016
©AFRIBONE

 

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