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5ème Congrès ordinaire de l’UDD : Les raisons d’un report

Initialement prévu pour les 27 et 28 février dernier, c’est finalement les 13 et 14 mars prochain qu’aura lieu le 5ème congrès ordinaire de l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD). Qu’est ce qui justifie un tel report ? Quels sont les potentiels candidats à la succession de Me Hassane Barry, président du parti, actuellement Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali en Giunée, au Lybéria et en Siérra Léone, avec résidence à Conakry ? Le statut d’ambassadeur est-il incompatible avec la présidence d’un parti politique comme les détracteurs de Me Hassane Barry aiment à le dire ?

Le 5ème congrès ordinaire de l’UDD, coïncide cette année avec les 19 ans du parti, né au lendemain de l’ouverture démocratique au Mali, en 1991. Dix neuf ans d’existence, c’est l’âge de la maturité comme on a souvent l’habitude d’entendre.

Les raisons d’un report

Pour savoir davantage, nous nous sommes entretenus avec le secrétaire permanent du parti M. Diabaté. Selon lui, la question de la succession de Me Hassane Barry, est à l’ordre du jour du cinquième congrès souverain qui doit trancher.

Pour lui, la principale raison qui justifie le report de la date du congrès est la non disponibilité à Bamako d’une salle de haut standing pour accueillir les congressistes et les amis invités. “Nous sommes un parti moyen certes, mais nous avons le souci de bien accueillir nos militants et nos invités dans un cadre confortable. La salle de 1000 places du Centre International de Conférence de Bamako, bien climatisée avait été réservée par le Parti Citoyen pour le Renouveau (PCR) les 27 et 28 février dernier, les premières dates retenues pour notre congrès”, a-t-il soutenu.

Et pour tant, la salle de 3 000 places du Palais de la Culture, même si elle ne répondait pas aux critères de l’UDD, a été prise d’assaut le 27 février 2010, où la première Convention Nationale de la Jeunesse du Mouvement Citoyen s’est tenue. La salle des spectacles du Stade Omnisport Modibo Keïta de près de 600 places et qui abrite plusieurs congrès des partis politiques n’était pas non plus du goût de l’UDD.

Face à cette situation, le Bureau Politique National du parti a été donc obligé de reporter la date de son 5ème congrès ordinaire. En tout cas, ce sont les arguments avancés par le secrétaire permanent du parti pour justifier ledit report.

Les caisses de l’UDD presque vides

Mais de façon officieuse, de sources bien introduites, nous apprennent que c’est la question financière qui constitue la principale raison du report de date. En effet, l’absence du principal bailleur du parti qui n’est autre que Me Hassane Barry, les caisses de l’UDD sont presque vides. Les maigres cotisations des membres de la direction du parti ne sont pas versées régulièrement. Les contributions des trois députés qui sont : Aboubacary Coulibaly, Kalifa Doumbia et Idrissa Ouattara ne suffisent pas pour financer un congrès.

Le président honoraire de l’UDD, M. Moussa Balla Coulibaly, l’homme de tous les régimes qui se sont succédés au Mali de 1960 à 2009 et ex-président d’une institution de la République, aurait pu financier le congrès s’il est sûr que son fils prendra les reines du parti. Mais à l’état actuel des prétentions des uns et des autres, l’élection de Tièman Coulibaly à la présidence de l’UDD est incertaine surtout que le président sortant n’a pas encore dit son dernier mot.

Les 19 ans, d’évolution de l’UDD ressemblent en dents de la scie. Durant tout ce temps, le parti n’a connu que deux présidents : le patriarche Moussa Balla Coulibaly et Me Hassane Barry. Dans la famille du vieux Moussa Balla, l’on se prépare à récupérer la présidence du parti comme pour dire qu’à l’UDD, la succession est une affaire de dynastie. La personne la mieux placée dans la famille des Coulibaly n’est autre que Tièman, fils aîné de Moussa Balla Coulibaly.

Présentement, Tièman est le secrétaire général du Bureau Politique National de l’UDD. Son accession au sommet du parti a été favorisée par le soutien de son père qui reste président honoraire à vie du parti.

Des arguments convaincants

Dans l’entourage de Tièman Coulibaly, secrétaire général de l’UDD et fils aîné du Vieux Moussa Balla, l’on soutient que le retrait du président fondateur du parti au profit de la jeune garde dont Me Hassane Barry en tête, explique la déconfiture de l’UDD.

La nomination de Me Barry comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali au Liberia, en Sierra Léone et en Guinée, avec résidence à Conakry en fin 2008 aurait donc noirci un tableau déjà sombre. Voilà des arguments qui ne registrent à aucune analyse sérieuse si non comment comprendre que d’un seul député élu en 2002, l’UDD compte aujourd’hui trois élus à l’Assemblée Nationale au sortir des dernières élections législatives de 2007 ? Si les allégations selon lesquelles Moussa Balla veut placer son fils à la tête de l’UDD se confirmaient, cela ne veut-il pas dire qu’il s’agit là d’une succession dynastique ?

En tout cas, la place qu’occupe aujourd’hui Tièman au sein de l’UDD est très stratégique. Il le doit à son père Moussa Balla qui, depuis la fin de ses deux ans de mandat à la présidence du Conseil Economique Social et Culturel, passe une retraite d’orée.

Que disent les textes de l’UDD sur le cumul des postes ?

Depuis la nomination de Me Hassane Barry comme Ambassadeur en fin 2008, M. Issa Paul Diallo, 1er vice-président de l’UDD, assure la présidence du parti. Les détracteurs de Me Barry soutiennent que le statut de diplomate est incompatible avec la présidence d’une formation politique.

Par ordre de préséance, Issa Paul Diallo est bien placé pour succéder à Me Hassane au cas où celui-ci ne sera pas candidat à sa propre succession. Mais à l’état actuel des choses, tous les yeux sont braqués sur Tièman Coulibaly, secrétaire général de l’UDD. Et pourtant, le président sortant du parti n’a pas encore dit son dernier mot.

Une évolution de scie

En 18 ans d’existence, l’évolution de l’UDD ressemble à des dents de la scie. Les résultats qu’il a obtenu lors des élections communales, législatives et présidentielles permettent de suivre son l’évolution depuis l’ouverture démocratique. Lors des élections législatives de 1992, le parti de la Colombe Blanche, emblème de l’UDD a obtenu 4 députés.

Cinq ans plus tard, c’est à dire lors des législatives de 1997, il a chuté de quatre à 2 députés élus. En 2002, Cheickna Hamalla Bathily a été le seul député élu au nom de l’UDD à l’Assemblée Nationale. Pour la première fois dans l’histoire, Moussa Balla Coulibaly se présenta à une élection présidentielle au Mali en 2002, sous les couleurs de l’UDD. Il faut préciser qu’il est tombé dès le premier tour.

Lors des élections communales de 2004, le parti de la Colombe, a obtenu 337 conseillers municipaux sur toute l’étendu du territoire national. C’est dans la région de Sikasso qu’il a eu presque la moitié de ses élus en 2004, soit 116 conseillers contre 59 à Mopti, 57 conseillers communaux dans les régions de Kayes et Koulikoro, 31 dans la 4ème région (Ségou), 16 dans le District de Bamako et 1 à Gao. Lors des communales du 26 avril 2009, l’UDD a obtenu 181 élus municipaux dont 11 femmes et 170 hommes.

Le départ du secrétaire général sortant de l’UDD, le Pr. Younouss Hamèye Dicko après le 3ème congrès ordinaire du parti a donné naissance au Rassemblement pour la Démocratie et la Solidarité (RDS) en 2003. Mais avant cela, il y a eu les dissidents de la première conférence nationale qui ont créé le Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR) en 1995. Une bouffée d’oxygène pour l’UDD

Pour l’aide financière de l’Etat aux partis politiques, au titre de l’année 2009, l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD) a bénéficié de 25 298 662 F CFA sur les 1 148 351 151 F CFA à répartir entre 32 partis politiques selon des critères bien établis.

L’annonce de cette bonne nouvelle constitue une bouffée d’oxygène pour les finances de l’UDD. L’on se rappelle que lors de l’avant dernière répartition de cette aide au titre de 2008, l’UDD n’a eu aucun franc. A l’époque, cela a créé une levée de bouclier au sein du parti.

Un doigt accusateur fut pointé sur le président Me Hassane Barry. L’on a soutenu que l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD), au vue du nombre de ses élus nationaux et communaux est bien un parti d’envergure national.

A l’Assemblée Nationale, qui est la représentation du peuple, le parti de la Colombe blanche, emblème de l’UDD compte 3 députés. Il aurait pu former son propre groupe parlementaire s’il avait obtenu 2 députés de plus puisqu’il faut 5 au moins pour constituer un groupe parlementaire.

Au sortir des élections communaux de 2004, l’UDD a obtenu 337 conseillers municipaux dont 57 dans la région de Kayes, 57 à Koulikoro, 116 en 3ème région, 31 dans la région de Ségou, 39 à Mopti, 1 conseiller à Gao et 16 dans le District de Bamako. A part les régions de Tombouctou et Kidal, l’UDD est donc implanté partout au Mali.

Mais comment donc comprendre qu’un tel parti n’a pas été déclaré éligible à l’aide de l’État en 2008 ? Est-ce c’est dû à la négligence de ses dirigeants ou à la manière dont le parti est géré ? Et pourtant de 1999 à 2007, il a encaissé au titre du financement public de l’État, plus de 78 millions dont 10 millions en 1999, plus de 5 millions en 2000-2001. En 2002, l’UDD a eu 16 millions de F CFA, plus de 20 millions en 2003, environ 25 millions en 2004.

Daba Balla KEITA

09 Mars 2010.

 

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