Au lendemain de la célébration de Maouloud 2010, symbolisant la naissance et le baptême du prophète Mohamed, le prêcheur le plus populaire au Mali, M. Chérif Ousmane Madani Haïdara, a animé une conférence de presse à la Maison de la presse du Mali. C’était le samedi 6 mars 2010. La rencontre a enregistré la présence de M. Makan Koné, président de la Maison de la Presse ainsi que plusieurs disciples et compagnons du prêcheur. Durant la conférence de presse, il n’y avait aucun sujet tabou. Ainsi, les préoccupations soulevées par les hommes de médias vont de la politique à l’islam en passant par les questions d’actualité telles que l’excision, les relations du Chérif avec les plus hautes autorités du Mali, ses ambitions surtout politiques entre autres.
La popularité du guide spirituel de l’association islamique Ançar Dine Internationale (ADI) ne souffre d’aucun doute. Depuis les années 1970-80, début de ses prêches à Mopti, l’aura du guide d’Ançar Dine Internationale (ADI) ne cesse d’augmenter. Tout a été intenter contre lui mais en vain.
Plus de 21 millions pour l’organisation de Maouloud 2010
Chaque année de milliers de fidèles musulmans convergents vers le Mali pour y célébrer avec Chérif Ousmane Madani Haïdara, Maouloud, consacrant la naissance et le baptême du prophète Mohamed (PSL). Pour la célébration de Maouloud 2010, plus de 100 000 fidèles se sont rassemblés au Stade Omnisport Modibo keïta qui abrite les activités depuis quelques années. Les participants en provenance de 25 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe se sont faits enregistrés au niveau d’un bureau d’accueil crée à cet effet. Les organisateurs de Maouloud 2010 ont révélé au cours de la conférence de presse du samedi 6 mars dernier que plus de 21 millions FCFA ont été investis dans l’organisation qui a vu la mobilisation de 120 éléments de la Police Nationale et de la Garde Nationale tout au long de la cérémonie.
Face à un tel succès, on ne peut pas s’empêcher de demander à Haïdara, s’il a des ambitions politiques pour le Mali. En réponse à cette question, Chérif Ousmane Madani Haïdara a été très claire : “Je n’ai aucun ambition d’être candidat à une quelconque élection au Mali. J’entends servir Dieu et les hommes là où je suis présentement.
Je ne triche pas avec vous, je ne vous mens pas. Mon devoir est de vous dire la vérité. Je ne suis qu’un mortel qui rendra compte de ses actes devant Dieu. Je voudrais me réveiller, le jour du jugement dernier, avec le sentiment d’avoir accompli ma mission...”. Celui qui s’exprime ainsi se nomme Seid Cherif Madani Haïdara, guide spirituel de l’association Ançar dine natif de Tamani, (cercle de Barouéli), qui est l’un des creusets de l’histoire du Mali.
Seid Chérif Ousmane Madani Haïdara s’est vite révélé vers la fin des années 70, comme une des figures charismatiques de la communauté musulmane. Son franc parlé et son éloquence ont contribué à le rapprocher davantage de son public. “Il fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait”.
Entre lui et le peuple, une complicité bâtie sur la franchise, l’honnête s’est inexorablement installée. Celui qu’on surnomme au passage “wilibali” pour son sens de la vérité, Seid Cherif Ousmane Madani Haïdara, s’est évertué à rendre l’islam plus accessible aux fidèles.
Comme par exemple face à la difficulté, comment un pauvre doit-il se comporter ? Celui qui n’a pas d’argent, comment doit-il s’y prendre afin de gérer sa situation ? Mieux comment un responsable dans l’exercice de sa mission doit-il se comporter avec ses semblables. Comment il doit veiller à la gestion saine et transparente du bien public ?
Sans nul doute que Seid Cherif Ousmane Madani Haïdara a démystifié la religion, en la rendant plus facile aux fidèles. En clair pour lui, “Prier, pour prier” ne saurait être l’objet de l’islam. La prière est née de l’obligation pour la personne humaine de changer son comportement.
Tout vient de la nécessité pour l’homme de civiliser son rapport avec ses semblables. Il parle sans tabou et a toujours été à l’avant-garde pour la défense des intérêts des plus faibles.
En quatre décennies de prêches et de sensibilisation, Seid Cherif Ousmane Madani Haïdara s’es imposé et est devenu en même temps incontournable dans la communauté musulmane. Il est président d’honneur et membre de plusieurs associations ou organisation religieuses. Sa franchise, son sens de la vérité n’ont jamais entamé son credo de prêcher haut et fort, un islam de paix et de tolérance.
Baayatoul islamia
La particularité du guide spirituel des Ançar Seid Chérif Ousmane Madane Haïdara réside dans sa volonté de perpétuer un islam authentique, prôné par le Prophète Mohamed (PSL), ce, à travers le “baaya” qui en est son essence. Le “baaya” est un serment d’allégeance qui lie le fidèle à son créateur Dieu.
Chaque fidèle jure devant un témoin, lui-même assermenté de ne jamais violer les six serments du baaya. Ces serments ont l’avantage de façonner l’homme, de le rendre plus civilisé, intègre et crédible aux yeux de Dieu, mais également aux yeux de ses semblables.
Je n’associerai rien à Dieu : Il s’agit pour le fidèle de reconnaître l’unique de dieu et d’éviter, par la même occasion de lui substituer tout autre créature. Je ne volerai pas : Un engagement aussi important que les autres et s’adresse à tout un chacun, quelque soit son niveau de responsabilité à rester juste et honnête.
Je ne forniquerai pas : L’accent est davantage mis sur la débauche, l’adultère. Je ne tuerai pas mes enfants : Cet engagement est aussi une obligation pour le musulman. Faut-il rappeler que dans l’Arabe préislamique, les enfants nés du sexe féminin étaient tués. Seuls les garçons étaient considérés comme un honneur pour la famille. Un verset du coran l’ayant condamné. Il est interdit à tout musulman d’ôter la vie à son enfant. Allusion sans nul doute, à l’avortement et autres pratiques malsaines affectant les enfants, en ce qui nous concerne aujourd’hui.
Je ne forgerai pas des pieds et des mains de la calomnie : L’accent est mis sur les médisances, les préjugés, etc.. Je ne désobéirai pas au Prophète (PSL) en ce qui est convenable : C’est une obligation pour tout musulman de s’en tenir aux recommandations du Prophète Mohamed.
En d’autres termes d’adapter sa vie aux prescriptions du saint coran. Il est à noter que ses six serments n’ont pour vocation que de nous rendre juste et honnêtes vis-à-vis de nous et de nos semblables. L’observation stricte du baaya fait de nous, un bon musulman. Tous les fidèles de l’association Ançardine vivent en parfaite harmonie avec ses principes.
Missions de Ançardine
Les sympathisants du guide spirituel de par le monde se sont retrouvés pour fonder une association internationale. C’est ainsi qu’est née l’idée de la création de l’association Ançar dine internationale. Est-il nécessaire de rappeler que les ançars sont les premiers fidèles du Prophète Mohamed à Médine. Ces derniers après l’avoir accueilli ont juré de l’accompagner dans sa mission. L’ançar dine internationale a été érigée en association à partir des années 90. Un président est élu par le comité exécutif pour une durée de trois ans.
Seid Chérif Ousmane Madani Haïdara est le guide spirituel des ançars. Il est à ce poste à vie. Le guide spirituel désigne son successeur ou à défaut sa famille parmi la descendance de Chérif Ousmane Madani Haïdara. Il est garant moral et spirituel de l’ADI, veille à la conformité et au respect des orientations et de l’esprit de l’ADI. Pour ce faire, il dispose du droit de veto à l’encontre de toutes décisions, de tous organes ou instances, du droit de convocation et de dissolution.
L’ADI se fixe comme objectifs, la diffusion de l’islam, la saine compréhension de l’islam, ce, par la formation et l’information, l’amélioration du comportement moral et spirituel du fidèle. L’ADI participe également à l’assistance aux démunis, aux nécessiteux et aux victimes de catastrophes, l’établissement et le renforcement de mécanisme de solidarité entre les hommes. Peut adhérer à l’ADI tout musulman majeur sans distinction de sexe, de race ou de confrérie.
Les ressources de l’ADI
Les ressources de l’ADI proviennent des cotisations mensuelles, du produit de al vent des cartes de membre, celui de l’impression des tissus à l’effigie du guide. Ajouter à ceux-là, le produit de l’exploitation du logo de l’association à des fins commerciales, des emprunts, dons et legs et de tous autres moyens de financement autorisés par les lois et règlements.
Faut-il noter que l’ADI participe à la réalisation des infrastructures. Des modéras sont construites et équipées pour assurer la formation. L’ADI participe également à des prestations de service, par la construction de logements au Mali et à l’extérieur. A l’Office du Niger, précisément à Niono, plusieurs centaines d’hectares de riz sont exploités. Les produits de la récolte contribuent à apporter aide et assistance aux plus démunis.
Au nombre des activités de l’ADI, il faut ajouter les prises en charge sanitaire matérialisées par la réalisation d’un centre de santé. Le centre de santé cherifla, dont il fait allusion a été construit selon les normes des santés confessionnelles au Mali.
Il compte 35 salles reparties en différentes unités, offrant le paquet minimum d’activité de première référence. Il s’agit entre autres, d’une unité de chirurgie, de médecine, d’imagerie, d’urgence.
Une unité d’analyse biomédicale, un bloc administratif, un dépôt de médicaments et une cantine. Le centre est doté d’une ambulance médicalisée et corbillard. L’ADI se propose d’étendre cet élan de solidarité à d’autres localités.
Daba Balla KEITA
09 Mars 2010.
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